Développer les habiletés de pensée

Besoin d’occuper un jour de pluie ou envie de tester une nouvelle occupation avec votre enfant ? Voici quelques idées à mettre en œuvre chez vous.
Et si souhaitez organiser un atelier philo avec un groupe d’enfants, contactez-moi.

Apprendre à argumenter

A quoi ça sert ?

C’est un des fondements de la discussion philosophique : expliquer ce que l’on dit en justifiant, en donnant des exemples.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant quel est son livre préféré, son gâteau préféré ou même son vêtement préféré, et demandez lui pourquoi. 
Voici quelques phrases de relance pour creuser son argumentation : 

  • Sais-tu dire pourquoi tu penses que … ?
  • As-tu un exemple pour justifier ce que tu me dis  ?
  • As-tu un contre-exemple qui te fait dire que … ?
  • Peux-tu trouver une situation ou un exemple qui rend faux ou impossible ce que tu as dit ?
  • Qu’est-ce qui te permet de dire que … ?
  • Est-ce que cet argument / contre-argument est valide ? Pourquoi ?

C’est quoi un bon argument ?

A quoi ça sert ?

Image par mohamed Hassan de Pixabay

Quand on cherche à convaincre, et non à persuader, il nous faut user du meilleur argument, c’est-à-dire proposer des éléments de preuve qui vont valider une idée, qui vont faire que la personne à qui on expose  cet

argument va se rallier à nous ou à notre idée. On ne cherche pas à jouer sur les émotions avec un bon argument, mais bien sur la raison.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant si les arguments suivants jouent l’émotion ou la raison, et partagez leurs réponses en commentaires  : 

  • Mon père m’a assuré que ce n’était pas lui qui avait mangé le dernier chocolat, et ce n’est vraiment pas son genre de mentir. 
  • Si tu ne punis pas Timothée pour m’avoir fait un croche-pied, alors la prochaine fois, c’est un coup de poing au visage qu’il me donnera
  • on peut dire que la Terre est ronde parce que selon l’endroit où je me trouve sur Terre, je ne vois pas les mêmes constellations dans le ciel
  • Tu ne peux pas gronder Mozza pour avoir mangé le jambon dans la cuisine, ce chat est bien trop mignon
  • Tous les humains sont mortels, or tous les Français sont des humains, donc tous les Français sont mortels

L’avocat du diable

Demandez à votre enfant de trouver un argument en faveur des propositions suivantes mais aussi des contre-arguments pour les remettre en question (et trouvez d’autres propositions qui parleront à votre enfant) : 

  • fêter Halloween
  • Aller à l’école
  • Faire du sport
  • Allez chez le dentiste
  • Manger de la viande
  • Lire des mangas / BD
  • Rouler en voiture
  • Jouer aux jeux vidéos
  • Trouver un emploi
  • Partir en vacances

Analyser un argument

A quoi ça sert ?

Image par mohamed Hassan de Pixabay

Apprendre à distinguer l’argument explicatif de l’argument justificatif est important dans l’apprentissage du raisonnement.

 

En philosophie, comme dans la vie, il faut savoir établir un raisonnement argumentatif, pour convaincre notamment. Mais c’est quoi, un argument? Une raison, une bonne raison? Une explication? Une justification, voire une excuse? 

Un argument est une raison qui va permettre de cautionner, appuyer une affirmation, ou de la remettre en question (ce sera alors un contre-argument). Il existe plusieurs types d’arguments; parmi lesquels la justification et l’explication.
La justification crée une relation logique qui vise à convaincre; l’explication, elle, crée une relation de causalité, elle expose des causes pour clarifier une situation.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant si chaque argument suivant est, selon lui, une justification, une explication ou ni  l’un, ni l’autre, en argumentant sa réponse bien évidemment !

  • Roxane n’est pas allée dans le train fantôme parce qu’elle a peur.
  • Puisque Simon a le COVID, il ne va pas à l’école.
  • C’est bien, parce que c’est bien pour le plus grand nombre.
  • Dieu existe, parce que j’y crois.
  • Lysandre est le voleur, car on a trouvé les objets volés dans son casier.

Apprendre à poser des questions

A quoi ça sert ?

On pense que la philo c’est donner des réponses, mais c’est surtout apprendre à poser des questions ! Car c’est en posant les bonnes questions qu’on peut donner de bonnes réponses.

 

Les bonnes questions permettent de pointer un détail auquel on n’avait pas pensé, nous mettent sur la bonne voie, clarifient l’information et nourrissent notre curiosité ! 
Et vous l’aurez remarqué, c’est souvent une question qui débute un dialogue philosophique. 

Qu’est-ce qu’on fait ?

Alors demandez à votre enfant de choisir parmi la liste suivante 2 ou 3 éléments pour formuler une question sur un même thème, et faites lui remarquer les chemins différents où cela vous mène.
Par exemple, sur l’amitié : 
Est ce qu’on a besoin d’amis pour vivre 
Peut-on vivre sans amis 
Faut-il avoir des amis dans la vie ? 
On opère ici une distinction entre le besoin, la capacité et l’obligation : dans le premier cas, la discussion sera plutôt centrée sur les besoins essentiels ou non de l’existence ;  dans le 2e, sur notre capacité, la possibilité qu’on a de vivre sans amis ; dans le 3e cas, on parlera de la nécessité.
Des différences subtiles mais importantes qui permettent d’enrichir le raisonnement. Alors, go, choisissez entre : 

  • Comment  ?
  • Est-ce que  ?
  • Qu’est-ce que  ?
  • Faut-il  ?
  • Quand ?
  • Quelle différence  ?
  • En quoi ?
  • Pourquoi  ?
  • Qui  ?
  • Combien ?
  • D’où  ?
  • Peut-on  ?
  • Est-ce bien de  ?
  • Est-ce mal de ?
  • Qu’implique ?
  • A quoi sert  ?
  • Avons-nous  ?
  • Sommes-nous ?

Repérer les sophismes

A quoi ça sert ?

C’est quoi un sophisme ? Une figure rhétorique qui cherche à convaincre en utilisant des arguments certes très séduisants mais trompeurs au final. En général, le sophisme s’appuie sur les émotions, la pression du groupe social , les traditions, les préjugés, la

 

généralisation abusive… Bref, tous les éléments dont le penseur critique doit se méfier. 
Le sophiste n’est pas pour discuter, donc progresser dans une recherche collective de la vérité, mais pour convaincre et l’emporter. Il pourra utiliser l’attaque personnelle, l’appel au clan, à la popularité, au préjugé, au stéréotype, à la peur, à la tradition, l’argument d’autorité. Malgré son côté péremptoire, ce type d’argument témoigne d’une faiblesse dans le raisonnement. Il est donc bon de savoir les repérer. 

Qu’est-ce qu’on fait ?

Essayez de déterminer avec votre enfant de quel sophisme il s’agit : Généralisation abusive / Appel au clan / Appel au préjugé / Double faute / Pente fatale.

  • Ma mère s’est abstenue toute sa vie de fumer et elle est morte d’un cancer. S’abstenir ne sert donc à rien.
  • Si tout le monde s’abstient, alors moi aussi.
  • Comme personne ne s’abstient, je peux le faire aussi.
  • Si je ne m’abstiens pas maintenant, je vais vomir et finir à l’hôpital.
  • Je ne m’abstiendrai pas, car il faut profiter de tout ce que la vie nous offre.
  • Rien ne sert de s’abstenir, il faut consommer avec modération.
  • Noa ne se prive de rien. Moi, j’abuse de tout.
  • Seulement ceux qui ont de la volonté savent s’abstenir.
  • Si je m’abstiens aujourd’hui, je ne le ferai jamais et je risque de mourir idiot.
  • Je m’abstiens seulement si vous aussi vous le faites.

Repérer la généralisation abusive

A quoi ça sert ?

Image par GraphicMama-team de Pixabay

C’est souvent une des premières choses que je travaille lors des ateliers philo que j’organise avec les enfants. Pas par choix, ni par méthode, mais parce qu’elle surgit très rapidement dans la discussion.  Penser que parce qu’ils pensent ou font quelque chose, tout le monde est dans ce cas, est souvent ancré en eux.

 

Or faire d’un cas, ou même de plusieurs, une généralité, est un piège récurrent du raisonnement, chez les enfants comme chez les adultes. 
Comment éviter de tomber dans ce piège : en considérant l’échantillonage des cas énoncés. Est-ce qu’il est représentatif, est-ce qu’il est suffisant ? 
Obtenir cette information n’est pas toujours possible. Attention donc à ce que la généralisation ne nous induise pas en erreur en faisant des raccourcis (que la pensée peut avoir tendance à faire pour gagner du temps, de l’énergie). 
“Garance n’aime pas ni le chou, ni les betteraves” => Je peux donc affirmer que Garance n’aime aucun légume. 

Pourquoi est-il important de travailler sur la généralisation abusive ? Parce qu’elle est à l’origine de la plupart des idées reçues. Interroger une personne raciste sur la raison de ce racisme et vous en aurez un bon exemple. Attention à ne pas commettre ce type d’erreur donc. 
Pour autant, dans le raisonnement, l’acte de généraliser occupe une place importante, et peut-être très utile pour progresser dans sa réflexion et entrevoir un problème sous un aspect plus global. 

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant quel quantificateur est sous entendu dans les phrases suivantes : est-ce certains,  tous ou aucun.

  • Il y a des personnes qui ne sont pas respectueuses
  • Personne n’aime la guerre. 
  • Seules les femmes peuvent accoucher d’un enfant.
  • Les robots français ont la meilleure conception. 
  • La plupart des mammifères ne volent pas.
  • Le chien est le meilleur ami de l’homme.
  • Il n’y a pas une seule personne qui se soit levée dans le bus pour me laisser sa place.

Qu’est-ce qu’on fait encore ?

Demandez à votre enfant quel est le quantificateur temporel des phrases suivantes, parfois, toujours ou jamais. 

  • Chaque fois qu’il y a du soleil, je mets mes lunettes.
  • Il ne faut pas tricher.
  • Je m’attache les cheveux seulement quand je fais du sport.
  • Quelques enfants n’aiment pas les légumes. 
  • La lumière se propage plus rapidement que le son 
  • Il arrive que je fasse la vaisselle à la main.
  • S’il pleut, alors le sol est mouillé.
  • Fromage ou dessert, il faut choisir.

Qu’est-ce qu’on fait encore ?

Demandez à votre enfant de généraliser à partir des affirmations suivantes ?
Par exemple, la liberté, c’est important => la liberté c’est toujours important ET/OU la liberté est importante pour tout le monde.

  • L’appétit vient en mangeant
  • Mes deux chats n’aiment pas le lait.
  • Voir un film procure des émotions. 
  • Garance aime ses enfants.
  • Le respect, c’est bien.

Apprendre à définir

A quoi ça sert ?

Savoir définir (un mot, une notion, un concept) est une habileté de penser très importante.
Il vaut toujours mieux savoir de quoi on parle !

 

Pour définir, on peut trouver, énoncer, ce qui est essentiel à la chose qu’on veut définir. Ex : une cerise est un petit fruit rouge et rond que je mange en été (j’ai donné sa catégorie, le fruit, et des éléments qui me semblent le différencier des autres fruits).

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant de définir les mots suivants en trouvant la catégorie à laquelle ils appartiennent et leurs éléments distinctifs.

Mot CatégorieÉlément distinctif
ChienAnimalQui aboie
Noël
Hiver
Le lait
Le bonheur
La peur

Apprendre à douter

A quoi ça sert ?

Image par ElisaRiva de Pixabay

Voici un sujet épineux pour celui qui veut philosopher. Le doute n’a pas toujours bonne réputation : douter de tout, toujours, peut être déstabilisant, épuisant et nous faire commettre des erreurs.

Pourtant, le doute est un élément essentiel du raisonnement philosophique. C’est “le sel de l’esprit” pour Alain. Il nous permet de sortir de la dualité du vrai/faux, d’un certain relativisme  qui finit par s’avérer stérile. Il faut donc apprendre à douter.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant si on peut douter des propositions suivantes et demandez lui, bien sûr, de justifier sa réponse.

  • La terre tourne autour du soleil.
  • Les chats boivent du lait.
  • J’existe
  • La joie est une émotion.
  • Il y a une vie après la mort.
  • On peut douter de tout

Apprendre à comparer

A quoi ça sert ?

Image par Alexas_Fotos de Pixabay

Cette aptitude est un élément essentiel du processus de raisonnement. Elle aide à définir, identifier des similitudes ou au contraire distinguer, …. 

Comparer, c’est prendre 2 éléments ou situations, les placer côte à côte et voir les points communs et les différences entre eux. Comparer peut aider :

  • à définir et donc à comprendre ou se faire comprendre
  • à établir des relations de similitude
  • ou au contraire à faire des distinctions, pour préciser un raisonnement par exemple
  • à se rassurer aussi !

Pour comparer, on utilise des mots comme “comme”, “plus”, ”moins”, “autant que”, “c’est comme”…
Il existe plusieurs types de comparaisons (la métaphorique, la situationnelle, la personnelle, la analogique et la fausse analogie) sur lesquelles nous pourrons revenir.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Pour commencer à travailler cette habileté, demandez à votre enfant de faire des comparaisons avec les éléments suivants mais en identifiant une différence.
Par exemple, une licorne, c’est COMME un cheval MAIS avec une corne.

  • Un chat, c’est COMME … MAIS
  • Un adulte, c’est COMME … MAIS
  • Un chausson, c’est COMME … MAIS
  • Un jeu, c’est COMME … MAIS
  • Un légume, c’est COMME … MAIS
  • Penser, c’est COMME … MAIS

Apprendre à repérer une fausse analogie

A quoi ça sert ?

Si la comparaison est très utile pour aider à définir ou à distinguer, elle peut également permettre de biaiser le raisonnement… si on utilise une fausse analogie.
 

La fausse analogie permet à l’interlocuteur de faire valoir un raisonnement en comparant ce qui n’est pas comparable. Il cherche à convaincre en utilisant une situation familière mais pas assez analogue avec l’opinion qu’il veut démontrer.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant s’il s’agit selon lui de fausses analogies : 

  • Les adultes sont payés pour leur travail, les enfants devraient l’être aussi. 
  • Même s’il y a du sang, les sports de combat ne sont pas violents. Du sang, il y en a aussi dans les salles d’opérations.
  • Tu veux que je mange de la salade ? Mais je ne suis pas un lapin !
  • Tu critiques mes arguments mais Galilée aussi était critiqué de son temps !
  • Les femmes font le ménage. Les hommes doivent le faire aussi.

La comparaison métaphorique

A quoi ça sert ?

Image par Pete Linforth de Pixabay

Une métaphore, c’est lorsqu’on associe la chose que l’on souhaite comparer à une image avec laquelle elle a de fortes ressemblances. Du moins pour nous. 

C’est un bon moyen de se faire comprendre d’autrui, de lui faire entendre ce qu’on entend par un mot, une notion, et cela permet aussi de travailler l’imagination et le sens figuré. Carton plein donc !

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant de comparer les éléments suivants avec une image qui leur vient.
Exemple :
Le soleil couchant c’est comme « l’or du soir » pour Victor Hugo (dans Demain, dès l’aube)

  • La peur c’est comme ….
  • La colère c’est comme ….
  • L’imagination c’est comme …..
  • Le bonheur, c’est comme …..
  • La mémoire c’est comme…

Apprendre à raisonner par syllogismes

Image par mohamed Hassan de Pixabay

Un syllogisme est un raisonnement logique qui se présente en 3 parties, 2 prémisses et une conclusion et qui fait intervenir des habiletés cognitives comme la déduction et l’induction. 


C’est Aristote qui a été le premier à le formaliser dans son Organon. 
Voici un exemple de syllogisme : Tous les chiens aboient / Medor aboie / Donc Medor est un chien. 

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant de compléter les raisonnements suivants : 
Tous les enfants aiment les bonbons. 
Théodore est un enfant. 
Donc…

La nuit, tous les chats sont gris. 
Senjo est un chat.
Donc…

Garance ne mange pas de légumes verts.

Donc Garance ne mange pas de brocolis.

Aucun homme ne sait voler.
Dominique est un homme.
Donc…

Toutes les planètes tournent autour du soleil.  
………  
Donc la terre tourne autour du soleil

A quoi ça sert ?

Manier les syllogismes et comprendre leur fonctionnement nous permet de réfléchir à notre manière de penser, de la décomposer. En utilisant les habiletés cognitives de déduction et d’induction, nécessaires aux syllogismes, on améliore notre capacité à réfléchir.

Reconnaître la valeur d’un raisonnement

A quoi ça sert ?

Image par Sitanshu Kumar de Pixabay

Un raisonnement logique poussé à l’extrême peut devenir absurde. Il est utile de s’entraîner à le détecter pour pouvoir le contrer ou du moins ne pas se laisser embarquer.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Sous leur aspect logique et très rigoureux, les syllogismes amènent parfois à une conclusion absurde car le raisonnement derrière n’est pas valable. 
Présentez à votre enfant les syllogismes suivants et demandez leur si, selon eux, ils sont valables ou pas (on n’oublie pas de leur demander d’argumenter !)

Lily est plus grande que Fanny
Fanny est plus grande qu’Antoine
Donc Lily est plus grande qu’Antoine

Les adultes sont des personnes responsables
Melchior est un enfant
Donc Melchior est irresponsable

Les oiseaux volent
La poule est un oiseau
Donc la poule vole

Les filles ont les cheveux longs
Baptiste a les cheveux longs
Donc Baptiste est une fille

Les étoiles brillent la nuit
Le soleil est une étoile
Donc le soleil brille la nuit.

Apprendre à déduire

A quoi ça sert ?

La déduction est une aptitude essentielle à la construction d’un raisonnement : que peut-on déduire à partir d’une affirmation, mais, aussi important, que ne peut-on pas déduire ?

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant ce qu’il est possible de déduire à partir de ces énoncés :

Il neige
a) donc il fait froid
b) donc on va pouvoir faire des batailles de boules de neige
c) donc les gens vont tomber malade

Il y a un très gros cadeau sous le sapin 
a) donc il est pour moi 
b) donc il a coûté plus cher que les autres paquets 
c) donc il contient un gros objet

Théodore n’a pas fini sa dinde 
a) donc il n’a plus faim pour le dessert 
b) donc il n’avait plus envie de manger son plat
c) donc il n’aime pas la viande

La lune tourne autour de la terre
a) donc le terre ne tourne pas autour de la lune
b) donc la lune n’a pas d’habitants 
c) donc on voit la lune depuis la terre une partie de la journée

Apprendre à induire : le raisonnement inductif

A quoi ça sert ?

Image par mohamed Hassan de Pixabay

Comme le raisonnement déductif, c’est une opération mentale essentielle à notre fonctionnement.
Induire, c’est le contraire de déduire. Si la déduction ne nous permet pas vraiment de produire de nouvelles connaissances, l’induction, elle, le

peut : on passe du particulier au général, de faits à des principes généraux. Ex: dès que je mange du lait, du fromage et des yaourts, je suis malade. Donc je suis peut-être intolérante au lactose.
Mais attention au danger : faire de généralisation abusive, en concluant une vérité qui n’est pas vraiment contenu dans les prémisses du raisonnement

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant si, selon lui, les conclusions suivantes sont valables ou pas : 

  • Les pommes de terre poussent dans la terre, les oignons aussi, les carottes aussi. Donc tous les légumes poussent dans la terre
  • Avant de prendre le volant, je ne bois pas d’alcool. Et je ne bois pas d’alcool seulement lorsque je vais conduire. C’est donc la conduite qui est la raison de ma non-consommation d’alcool.
  • Lucas, Nathan, Paul et Killian aiment le foot, donc tous les hommes aiment le foot.
  • Garance, Marilou et Chaïma ont les cheveux longs. Donc toutes les filles ont les cheveux longs.
  • La poule est un oiseau : elle a des ailes et ne vole pas, comme l’autruche et le manchot. Donc aucun oiseau ne vole.

Trouver des contre-exemples

A quoi ça sert ?

Image par mohamed Hassan de Pixabay

Trouver des exemples et des contre-exemples est une aptitude essentielle en philosophie : c’est une très bonne manière de tester sa pensée mais aussi de déconstruire des préjugés, et de parfaire son raisonnement.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demander à votre enfant de trouver des exemples et des contre exemples aux affirmations suivantes. 

  1. Tous les animaux sont poilus.
  2. La liberté c’est faire ce que l’on veut.
  3. Le bonheur, c’est l’absence de malheur
  4. Les amis sont gentils.
  5. Tous les oiseaux volent.

Apprendre à catégoriser

Ranger les mots, les notions, les concepts dans des catégories aide à les définir et à organiser l’information.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant de trouver un groupe, une catégorie dans le(a)quel(le) il serait possible d’inclure les éléments suivants. Par exemple, un chat est un animal, une carotte est un légume.  

  1. La colère
  2. La Terre
  3. Un fauteuil
  4. L’amour
  5. Une poupée
  6. L’imagination
  7. Le courage
  8. La méchanceté
  9. Le smartphone
  10. La liberté

Peser le pour et le contre

Qu’est-ce qu’on fait ?

Apprendre à réfléchir, c’est aussi apprendre à classer ses idées, à peser le pour et le contre. 
Demandez à votre enfant quels sont les avantages et les inconvénients d’être un enfant.

Puis les avantages et les inconvénients d’être un adulte. Vous pouvez le faire sous forme de tableau. Posez lui les questions suivantes : 

  • qu’est qu’un enfant peut faire qu’un adulte ne peut pas faire ? 
  • qu’est-ce qu’un adulte peut faire qu’un enfant ne peut pas faire ?

A quoi ça sert ?

Votre enfant vient de faire une liste de pour et de contre. A l’issue de cette première réflexion, vous pouvez lui demander : alors, préférerais-tu être un adulte ou un enfant ?
N’oubliez pas de le faire argumenter, à l’aide des raisons qu’il vient de lister !

Apprendre à réviser ses jugements

A quoi ça sert ?

Chaque individu est capable de modifier ses comportements ou ses avis sur une question. Pour cela, il faut faire preuve d’autocritique.  
Alors oui, l’être humain est capable, grâce à sa conscience, de réfléchir sur lui-même. Mais cette réflexion ne

se fait pas toujours de façon critique : nos idées se succèdent dans notre cerveau par association, et on ne prend pas toujours le temps de réfléchir au pourquoi de ces idées, de ces pensées, on ne prend pas toujours le temps de les analyser.. Sont-elles valables, sont-elles vraies ?  Qu’est-ce qui m’a amené à penser ça ? C’est une routine à adopter, un réflexe à acquérir.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant si, les personnes suivantes devraient changer d’avis ou pas et demandez lui, comme d’habitude, de justifier sa réponse.

  • Baptiste pense que voter ne sert à rien.
  • Théodore croit qu’il peut gagner au loto.
  • Garance pense que l’argent ne devrait pas exister.
  • Lucas estime que la terre est plate.
  • Sofia pense que son avenir dépend uniquement des autres.
  • Aurélien croit qu’il a toujours raison.
  • Sarah pense que la masse d’un corps détermine la vitesse de sa chute.

Philosopher à partir d’un film

Peter Pan de Walt Disney

Visionnez avec votre enfant le dessin animé puis entamez la discussion sur le thème Peut-on rester enfant toute sa vie ? Quelques idées de questions pour vous lancer :

  • Quels sont les avantages et les inconvénients d’être enfant ? Adolescent ? Adulte
  • Si tu pouvais choisir ton âge d’un coup de baguette magique, lequel choisirais-tu : 8 ans , 16 ans ou 40 ans ? 
  • A partir de quel âge est-on grand ? 
  • Que doit-on faire pour “être grand”
  • Est-ce que c’est bien de grandir ? 
  • Est ce que grandir ça fait peur ? 
  • Qu’est ce qui fait grandir ?

A quoi ça sert ?

Le cinéma procure émotions et plaisir. Mais c’est aussi un moyen d’ouvrir une réflexion et de se pose des questions sur le monde qui nous entoure.

Philosopher à partir d’une histoire

Yakouba de Thierry Dedieu

Lisez à votre enfant Yakouba, un album magnifique de Thierry Dedieu. Puis lancez la discussion avec les questions suivantes. Faites le argumenter et rebondissez sur ses réponses.

  • C’est quoi le courage ? 
  • Qu’est-ce qu’être une grande personne ? 
  • Doit-on toujours respecter les traditions ? 
  • Qu’est-ce qu’un bon choix ? 
  • Doit-on vivre avec les autres pour être heureux ?
  • Faut-il toujours obéir au groupe ?

Une nuit, un chat d’Yvan Pommaux

Lisez à votre enfant Une nuit, un chat d’Yvan Pommaux. Puis lancez la discussion avec les questions suivantes. Faites le argumenter et rebondissez sur ses réponses.

  • à votre avis, que va-t-il arriver à Groucho : son père va le sauver / Groucho va trouver une solution par lui-même / un éclair va foudroyer le rat et nos deux amis vont être sauvés
  • Est-ce que c’est bien de grandir ?
  • Quand est-ce qu’on devient une « grande personne » ?
  • Peut-on tout faire quand on est grand ?
  • Est-ce que c’est facile de grandir ?
  • Est-ce que ça fait peur de grandir ? 
  • Quels sont les avantages et les inconvénients de grandir ?
  • Qu’est-ce qui grandit quand on grandit ?

A quoi ça sert ?

La lecture procure des émotions mais c’est aussi un outil de réflexion sur le monde qui nous entoure, et l’occasion de discuter avec votre enfant des grandes questions qu’il se pose.

Cherche-amis d’Audrey Poussier

C’est l’été, Basile le chat s’ennuie. Il aimerait se faire de nouveaux amis. Alors il laisse une petite annonce à la boulangerie : « Cherche ami, s’adresser à la maison jaune ». Puis il retourne chez lui et il attend devant sa porte.

Une histoire malicieuse et très fraîche sur l’amitié, sa naissance, sa raison d’être, sa recherche. 
Lisez l’histoire à votre enfant, puis lancez la discussion avec les questions suivantes. Faites le argumenter et rebondissez sur ses réponses :

  • comment se fait-on des amis ?
  • Qu’est ce qu’on partage avec un ami ? 
  • Faut-il avoir des amis ? 
  • Peut-on vivre sans amis ?
  • Pourquoi Xx est ton ami? 
  • A quoi ça sert un ami ? 
  • Faut-il se ressembler pour être ami ? 
  • Peut-on / faut-il tout dire à un ami ?
  • Peut-on mentir à un ami ? Est ce que si on trahit un ami, c’est encore un ami ?

Le Roi Midas : l’argent

Racontez à votre enfant l’histoire du Roi Midas (vous trouverez de nombreuses versions accessibles sur Internet). Puis lancez la discussion avec les questions suivantes. Faites le argumenter, rebondissez sur ses réponses.

  • aurais-tu fait le même vœu que Midas ?
  • penses-tu que Midas s’attendait à ce qui lui est arrivé ? 
  • l’argent permet-il de couvrir tous nos besoins ? 
  • quels sont les besoins essentiels à l’homme, c’est-à-dire ceux qui sont indispensables à notre vie ? 
  • l’argent peut-il tout acheter ?

Le mythe de Prométhée

Image par WMU de Pixabay

Comment les hommes ont-ils été créés ? Voici la question à laquelle se propose de répondre ce mythe mettant en scène Prométhée et son frère Epiméthée qui ont reçu la charge par Zeus de façonner les êtres vivants.

Vous trouverez de nombreuses versions de ce mythe sur Internet ou dans des livres de mythologie.
Lisez ce mythe à votre puis lancez la discussion avec les questions suivantes. Faites le argumenter, rebondissez sur ses réponses.

  • Est ce que les animaux et les humains se voient attribués les mêmes qualités ? 
  • Prométhée donne le feu aux humains parce qu’ils estiment qu’il y a un déséqulibre. Es-tu d’accord ? 
  • Penses-tu que l’être humain et l’animal réalise les actions suivantes de la même manière. Argumente : manger, se déplacer, s’exprimer , jouer, mourir, réfléchir, faire des câlins
  • Penses-tu que l’être humain soit un animal comme les autres ? 

A quoi ça sert ?

La mythologie grecque regorge de récits qui plaisent aux enfants ET font réfléchir sur l’homme : la création de l’univers, de l’homme (Prométhée), de longs voyages (l’odyssée), des guerres épiques (L’Iliade), … De quoi penser la violence, les émotions, les règles… En somme, tous les sujets philosophiques !

Philosopher à partir d’une œuvre d’art

A quoi ça sert ?

Tout comme le livre ou le film, philosopher à partir d’une peinture ou d’une photographie permet à votre enfant de se décentrer et donc paradoxalement de rentrer dans le vif du sujet. Il ne parle pas de lui, il parle des personnages qu’il voit. Et pourtant…

Qu’est-ce qu’on fait ?

Aujourd’hui, on s’intéresse au thème Moi et les autres. Comment se situer face au groupe, garder sa personnalité ou pas, qu’est ce qui fait de nous ce que nous sommes, est-ce que notre identité se construit grâce au groupe ou en dépit de lui ? Un sujet passionnant surtout pour un enfant en pleine construction identitaire ! 
Montrez à votre enfant une représentation des Ménines de Velazquez et, en regard, de l’enfant sage de Doisneau, et posez lui les questions suivantes : 

  • Qu’est-ce que tu vois sur ces œuvres  ? Qu’est ce que tu imagines ?
  • Que ressens-tu ? 
  • Est ce que ça te plaît ? Pourquoi ? 

Sur les Ménines, plus spécifiquement, on s’intéressera au regard des autres :

  • à quoi me sert le regard des autres ? 
  • Le regard des autres est-il gênant ? 
  • A-t-on besoin du regard des autres ?

Sur le Doisneau, on s’intéressera au rapport au groupe :

  • est ce qu’on se construit par rapport au groupe ? 
  • Est ce que les autres font de nous ce que nous sommes ?
  • peut-on être soi-même dans le groupe ? 

Un peu de contexte historique sur les Ménines :  Peint en 1656, le tableau représente la famille de Philippe IV, roi d’Espagne, ainsi que plusieurs personnages de la cour. La jeune infante Marguerite-Thérèse est entourée de demoiselles d’honneur, d’un chaperon, d’un garde du corps, d’une naine, d’un enfant italien et d’un chien, ainsi que le peintre en train de peindre et un miroir à l’arrière plan avec les images de la reine et du roi en train d’être peints. Par le jeu de miroir, le couple royal semble être placé hors de la peinture, à l’endroit même où un observateur se placerait pour voir celle-ci.

A quoi ça sert, les règles ?

Qu’est-ce qu’on fait ?

Image par Raul lucus de Pixabay

Racontez à votre enfant l’histoire suivante, et lancez la discussion avec lui. Faites le argumenter, rebondissez sur ses réponses.

Tu fais partie d’une expédition révolutionnaire, et ton bateau a échoué sur une île déserte… En attendant les secours, ton équipage et toi devez organiser la vie sur cette île. Comment allez-vous faire ? Voici quelques questions pour lancer la discussion (libre à vous d’en ajouter d’autres) :

  • Quels problèmes se posent ? 
  • Quelles règles mettez-vous en place ? 
  • Doit-il y avoir des règles d’ailleurs ? 
  • Qu’est-ce qu’une bonne règle ? 
  • Doit-il y avoir un chef ? 
  • Comment se passe la répartition de la nourriture ?

A quoi ça sert ?

Est-ce que les règles, ça sert juste à embêter les enfants  ?
Les règles sont souvent vues par les enfants comme des consignes édictées par les adultes pour les enfants pour les embêter, les empêcher de faire ce qu’ils veulent et donc de s’amuser. Donc pour une meilleure compréhension, et une meilleure adhésion, il peut être bon de faire réfléchir vos enfants à la raison d’être des règles, leur origine.

Qui suis-je ?

Qu’est-ce qu’on fait ?

Racontez à votre enfant l’histoire suivante, puis lancez la discussion avec lui. N’oubliez pas de lui demander d’argumenter.

Au centre du village, il y a un vieux puits. C’est la fierté du village : on raconte qu’il a abrité jadis l’esprit d’une fée qui protégeait les habitants. Au fil des années, pour préserver la légende et le puits, les villageois l’ont entretenu en remplaçant régulièrement des pièces et des planches abîmées, si bien qu’à la fin, il ne restait plus aucune pièce d’origine.
Après des siècles d’entretien, ce puits est-il encore celui qui abritait l’esprit de la fée ?

A quoi ça sert ?

Comment se définit-on ?
On change un peu chaque jour et si on regarde une ancienne photo de soi, on perçoit un changement. On raconte que le corps humain renouvelle toutes ses cellules en sept ans. Et pourtant, nous sommes toujours nous. Qu’est-ce qui fait que tu es toi et pas quelqu’un d’autre ?
Demandez à votre enfant de se dessiner en réfléchissant bien à ce qui le représente, le caractérise : le visage, la couleur des cheveux, oui, mais est ce que c’est tout ?

La couleur des émotions

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à vos enfants de lister 5 émotions, et de les associer à une couleur. Puis discutez en ensemble

A quoi ça sert ?

Les émotions dites primaires sont au nombre de 6 (la tristesse, la joie, le dégoût, la peur, la colère, le mépris) et il en existe bon nombre dites secondaires. Vous remarquerez sûrement que vous et vos enfants aurez listé les mêmes émotions mais ne les aurez pas forcément associer à une même couleur. Et oui, si chacun ressent les mêmes émotions, elles ne s’expriment pas toujours de la même manière !
Les émotions sont subjectives et personnelles : on ne peut pas nous dire qu’on ne les ressent pas ou nous demander pourquoi on ressent celle-là et pas une autre. Les émotions nous apprennent souvent quelque chose : la peur nous incite à être prudent, la colère nous montre nos limites, …
Pour aller plus loin, lancez la discussion avec vos enfants : 

  • A quoi ça sert une émotion ? 
  • Dois-je toujours exprimer mes émotions ?
  • Réagit-on toujours de la même manière aux émotions ?
  • Peut-on ne pas ressentir d’émotion ?
  • Peut-on être surpris par une émotion ?
  • Les émotions ont-elles toujours raison ? 

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