Cent fois la leçon tu répéteras, sans un nuage : apprendre en répétant

Apprendre, c’est bien. Réviser c’est encore mieux. En effet, rien de tel pour fixer un apprentissage durablement que de le répéter encore et encore. Pour que ce qu’on a appris devienne automatique, inconscient, réflexe. “Marignan ? => 1515 !”
Là encore, il y a une technique, et pour bien la comprendre, intéressons-nous au fonctionnement de la mémoire. 

La mémoire ? Les mémoires !

Il y a 3 types de mémoires : la mémoire sensorielle qui, comme son nom l’indique, enregistre avec les sens, mais a une faible capacité de stockage et une durée très courte (de l’ordre d’1 seconde) ; la mémoire à court terme, aussi appelée mémoire de travail, qui a elle aussi un faible stockage et une durée limitée (20 secondes, cette fois) mais qui peut gérer jusqu’à 7 informations en même temps, et qu’on pourrait comparer à la RAM de votre ordinateur ; la mémoire à long terme, au stockage et à la durée illimitée qui enregistre les informations chargées d’émotions. C’est cette dernière qui est sollicitée en phase d’apprentissage. 
Cette mémoire à long terme se divise elle aussi en 3 types : la mémoire épisodique (celle des souvenirs, du vécu), la mémoire sémantique (celle des connaissances) et la mémoire procédurale (celle des gestes du quotidien). 

Pour accéder au Graal, c’est-à-dire faire voyager l’information jusqu’à la mémoire sémantique, il suffit de lui faire emprunter 4 portes. 

  1. Décider qu’on veut mémoriser une information (ben oui, ça paraît évident, mais ça va mieux en le disant)

  2. Répéter l’information, comme un chemin qu’on emprunterait plusieurs fois et qui se creuse au fil du temps pour devenir un sentier. On répète l’information à intervalles réguliers mais de plus en plus espacés, au fur et à mesure que l’information s’ancre dans la mémoire à long terme.

    Pour ceux qui utilisent l’application DuoLingo, c’est un dispositif qu’ils doivent reconnaître, dont ils ont pu mesurer l’efficacité et qu’ils comprennent désormais. En effet, l’application incite à travailler 15 minutes par jour (pas forcément plus), mais tous les jours. Les leçons se suivent et se ressemblent beaucoup, tout en ajoutant de nouveaux éléments. Et régulièrement, au fil de notre progression, la petite chouette nous propose un vieil exercice pour réactiver l’information dans notre mémoire, et l’y graver encore un peu plus. 

  3. Associer l’information à des éléments connus. Ce sont les fameux moyens mnémotechniques : on associe l’information à une comptine, une date historique à un jour important de sa vie, on se raconte une histoire pour se souvenir d’un élément précis ou d’une suite d’éléments. Deux exemples : Ma Vielle Tante Marie Joue Sur Un Nouveau Piano pour se souvenir de l’ordre des planètes du système solaire (Mercure Venus Terre Mars Jupiter Saturne Uranus Neptune Pluton) ; et plus personnel : pour me souvenir du kanji Neko en japonais, qui désigne le chat, j’associe l’idéogramme à un petit félin qui grimperait sur un arbre. 

    En somme, tout n’est que recyclage. Car ne croyez pas que le bébé est vierge de tout savoir. Dès la naissance, il a des compétences, “des modèles cérébraux” comme dit Stanislas Dehaene que “l’éducation recycle” dans les diverses disciplines abordées en grandissant. Et il ne faut pas hésiter à s’appuyer sur les intuitions précoces des enfants pour faire se connecter les nouvelles connaissances à celles déjà acquises. Faites des ponts pour aider vos enfants  : “tu te souviens quand tu as appris ça ? Et bien, là ça y ressemble de ce point de vue, mais diffère peut-être de celui-là” (et hop, révision, explication, distinction, comparaison). 
  1. Utiliser l’information acquise. Même si une leçon a bien été apprise , en respectant la procédure, l’utiliser va permettre de la réactiver, de l’ancrer dans le concret et de vérifier si elle est bien comprise. Donc faites faire  des exercices à votre enfant pour qu’il la mette en application, demandez lui de vous l’expliquer avec ses propres mots (c’est le baptême du feu : difficile mais hyper efficace pour vérifier si la leçon est sue et comprise) et expliquez lui  que le contrôle sert aussi à ça, à restituer l’information. 

Une fois ces 4 portes passées, l’information pourra accéder au  carré VIP des leçons dans votre cerveau, le salon très couru “Mémoire à long terme”.  Et la beauté de la chose, c’est que ce n’est pas une offre limitée dans le temps ! 

Nous sommes ce que nous faisons de manière répétitive, l’excellence n’est donc pas un acte mais une habitude

Aristote 

Offrez vous la plus belle des attentions : apprendre en se concentrant

Attention : cri poussé pour alerter autrui d’un danger imminent ; capacité à se focaliser volontairement sur quelque chose ; marque d’intérêt ou d’affection envers quelqu’un. Ces trois définitions ont comme point commun de désigner la concentration sur un objet. 

L’attention, c’est l’élément indispensable à tout apprentissage. Et pour qui a été dans une classe ces dernières années, ou discuté avec un enseignant, on a l’impression que c’est une denrée qui se fait de plus en plus rare (je ne parle pas ici du cas spécifique des TDA/H, pour qui le défaut d’attention est un trouble sur lequel il est toujours bénéfique de travailler avec des professionnels ). Pourtant, sans attention, pas de concentration (c’est-à-dire la capacité à se consacrer à une tâche en faisant abstraction de son environnement). En outre,  il sera très difficile pour quiconque de mémoriser des informations. En effet, l’attention et la prise de conscience permettent d’amplifier les informations partagées et, donc, de faciliter la mémorisation. 
Dès lors, avant d’entamer une leçon, mieux vaut s’assurer qu’on a capté l’attention des élèves pour leur offrir les moyens de se concentrer. 

Comment développer l’attention ?

Avant tout, l’attention, ça se montre. Et oui, comme pour beaucoup de choses, on commence par montrer l’exemple. Donc, exit le smartphone à table, le double écran quand on regarde un film en famille, ou l’interruption de la conversation dès que vous entendez une notification.

L’attention, ça s’explique aussi. Dès l’âge de 2 ans, votre enfant est capable de comprendre que l’attention, c’est important et ça peut rapporter gros. Ainsi, vous êtes en train de lui lire une histoire, et il se met à faire autre chose : interrompez l’histoire ; il se reconcentre sur vous, l’histoire redémarre.  Vous n’avez pas besoin de lui reprocher son manque d’attention, juste de lui expliquer que comme il ne semblait plus concentré, vous avez préféré suspendre la lecture. Vous pouvez également mimer une saynète avec deux marionnettes :  elles discutent lorsque soudain l’une s’en va sans crier gare. Votre petit trouvera sûrement cette situation étrange. Discutez-en avec lui. 

L’attention, ça s’éduque. Valorisez la dans des situations où être attentif apporte un résultat positif, au cours d’un jeu par exemple (comme une partie de Memory, pour les plus jeunes, ou un jeu de rôle ou de poker pour les plus grands). Montrez à vos enfants quel plaisir et quelle satisfaction ils peuvent tirer d’une situation où ils auront été attentifs : gagner à un jeu donc, mais aussi une leçon plus vite apprise s’ils ont été attentifs en cours.

Vous pouvez également pratiquer avec vos enfants ou vos élèves la méditation (autrement appelée… pratique de l’attention), elle se développe de plus en plus, y compris à l’école.  C’est une excellente manière d’apprendre à se concentrer sur l’instant présent et sur soi. Une bonne entrée en matière peut se faire avec Calme et attentif comme une grenouille ou avec l’application Petit Bambou .

Comment maintenir l’attention ? 

Déterminez des objectifs clairs et précis, et tenez-vous y (ça marche aussi pour les adultes). Les élèves apprennent mieux lorsqu’on leur explique clairement le but et la raison de l’apprentissage. Et si vous pouvez y trouver des applications concrètes dans leur vie de tous les jours, c’est la cerise sur le gâteau ! De même, expliquez leur précisément ce que vous attendez d’eux. Et si vous parvenez à rester cohérent et à leur montrer que tout ce que vous leur demandez converge vers un même but, c’est gagné. 

Évitez le pilotage automatique : essayez de faire preuve de nouveautés dans les apprentissages, dans la manière d’enseigner ou d’apprendre. Même si les routines sont importantes, dérogez de temps en temps à l’habitude, en changeant l’horaire d’une matière par exemple. 

Autorisez le mouvement régulièrement : les enfants ont besoin de bouger, et pourtant, on leur demande de rester assis (et immobiles parfois) sur une chaise durant de longues périodes. Alors, laissez-les aller prendre un livre lorsque le travail est terminé, ou jeter un papier à la poubelle. Au moment des devoirs, laissez votre enfant réciter sa leçon ou réfléchir à un problème de maths en faisant les 100 pas.

Organisez le temps : pour les devoirs, mettez au point un emploi du temps  en alternant plages de travail et petites pauses bienvenues pour que le corps se mette en mouvement justement. Cela donnera aussi une vision claire de ce qu’il y a à faire et du temps disponible pour le réaliser. Et oui, avoir une deadline rend plus efficace et incite à se concentrer. « Plus je dispose de temps et plus le travail prévu me prendra du temps et occupera la totalité de mon temps disponible », dit la loi de Parkinson.

Bannissez  les distractions : on évite la télé en fond sonore, on met son téléphone sur silencieux et on coupe les notifications, on maintient un espace de travail bien rangé. Stanislas Dehaene va même jusqu’à préconiser de ne pas trop illustrer les manuels, de ne pas  trop décorer les classes ce qui, selon lui, ne ferait « que distraire l’enfant et l’empêcher de se concentrer”.

Comme vous le voyez, on peut apprendre à développer son attention, et on a tout à y gagner : satisfaction, efficacité, estime de soi.  Mais  il faut savoir que la concentration est limitée dans le temps, même si cela grandit avec l’âge : une quinzaine de minutes pour les enfants de 3-4 ans, 20 min vers 5 ans, 30 min vers 7 ans, 40 min à 10 ans. Au-delà de ce temps, il faut changer d’activité ou même faire une petite pause sous peine que l’enfant n’écoute plus, ne se mette à bouger ou à laisser vagabonder son esprit. 
Attention donc à ne pas trop demander à vos enfants sous peine d’être contre-productifs. 

L’attention se travaille comme un muscle et il n’est jamais trop tard pour commencer.
Jeanne Siaud-Facchin 

Do it yourself : l’apprentissage par l’action

S’il est une idée reçue qui a la vie dure, c’est celle de croire qu’il suffit d’être au contact de connaissances pour qu’elles infusent tranquillement dans notre être. Non, l’apprentissage n’est pas comme un bon thé, il ne saurait être passif. 
Tout comme il ne sert à rien d’espérer devenir incollable sur un sujet en écoutant un enregistrement en boucle durant notre sommeil, il est désormais  évident que le cours magistral a ses limites.

Apprendre en agissant

Pour apprendre, l’élève a besoin d’agir. La psychologie cognitive et l’imagerie cérébrale le montrent : le cerveau est un organe toujours en alerte, qui apprend en testant constamment les hypothèses qu’il a échafaudées sur le réel. “L’enfant est un scientifique en herbe”, nous dit le neuropsychologue Stanislas Dehaene dans Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines. Tout comme se tromper lui permet de mettre à jour ses modèles, être actif le conduit à générer de nouvelles hypothèses sur le monde qui l’entoure.
Il faut donc engager l’élève, solliciter son intelligence, aiguiser sa curiosité. C’est aussi comme ça qu’on lui donnera l’envie. 

Dewey et son école pragmatique

John Dewey ne dit pas (et ne fait pas) autre chose, et ce dès la fin du XIXe siècle. Pour ce philosophe et psychologue américain, référence en matière d’éducation nouvelle, l’individu doit avoir une part active dans sa formation et l’apprentissage, avant d’être une accumulation de connaissances, doit être un facteur de progrès global. Dewey est un pragmatique : il crée en 1894, avec sa femme, sa propre école primaire expérimentale, dans laquelle il se concentre sur l’apprentissage par la pratique. On n’y enseigne pas les matières standard, mais les élèves y travaillent sur des projets. Et c’est via ces projets qu’ils abordent les différentes disciplines. On pourrait imaginer que le projet est la construction d’une cabane : il faudrait alors aborder la géométrie et le dessin pour élaborer les plans, les mathématiques et la trigonométrie pour construire une maquette, la biologie pour choisir la bonne essence de bois, etc… 

Engager l’enfant, c’est aussi le replacer dans son environnement et le lui expliquer.

Enrichir l’environnement de l’enfant dès son plus jeune âge

Dès sa première année, le bébé dispose de connaissances sur son environnement : il a le sens des nombres et des probabilités, le goût des langues, la connaissance des personnes. On peut, et on doit donc, dès leur plus jeune âge, les nourrir intellectuellement, en les considérant comme des personnes à part entière : en leur parlant, beaucoup et sérieusement, en n’hésitant pas à utiliser un vocabulaire élaboré, en répondant à leurs questions, même les plus difficiles (via des ateliers philo, par exemple). On peut aussi les initier, jeunes, aux jeux de mots ou de construction, aux casse-têtes, leur raconter des histoires. 
C’est en leur expliquant le monde qui les entoure qu’on permettra à leur cerveau de se développer au mieux, et qu’on préservera le plus longtemps la plasticité juvénile de ce cerveau. 

L’apprentissage, pour être efficace, doit donc développer chez l’enfant autonomie, engagement et curiosité. Mais attention, s’il ne faut pas sous-estimer les enfants, il ne s’agit pas non plus de les laisser seuls. L’adulte se doit de l’accompagner dans cet apprentissage, le guider pour l’aider à progresser. 

Apprendre ? Certainement, mais vivre d’abord, et apprendre par la vie, dans la vie.

John Dewey

Qui dort, apprend : les bénéfices du sommeil dans l’apprentissage

La nuit porte  conseil” 

Vous connaissez certainement cet adage. Peut-être même l’avez-vous vérifié. Mais comment est-ce possible ? Est-il possible d’apprendre en dormant ? 

Je vous arrête tout de suite. On ne parle pas ici de se passer en boucle durant la nuit une lecture de l’Encyclopédie Universalis en espérant que les connaissances infuseront dans le cerveau. Au mieux, ça ne servira à rien. Au pire, cela perturbera votre sommeil.
Mais que se passe-t-il alors pendant qu’on dort ? Et bien, notre cerveau fait le tri. Il consolide ce qui est important et oublie ce qui est inutile. C’est un peu comme lorsque vous défragmentez votre disque dur pour améliorer l’efficacité et la rapidité de votre ordinateur. En retraitant le déroulement de la journée, il réussit également à extraire toutes les informations, même les plus petites, et à les transformer en connaissances abstraites.

Le cerveau rejoue les apprentissages de la journée et amplifie les acquis, ce qui renforce la mémorisation. Il peut donc être une bonne idée de réviser une leçon ou relire un problème juste avant de dormir. 
En outre, les informations accumulées dans la journée profitent de notre période de repos pour effectuer un voyage dans notre cerveau, jusqu’au cortex préfrontal, le siège du recul, du jugement et de la prise de décision. C’est pourquoi la nuit serait propice aux décisions réfléchies.

Prendre soin du sommeil des enfants et des adolescents

Le sommeil est donc un acteur primordial dans l’apprentissage. Chaque période de sommeil, y compris la sieste, apporte un bénéfice supplémentaire. Donc il faut préserver le sommeil des enfants, il leur faut dormir longuement et profondément. Une heure de coucher régulière pour respecter leur rythme chronobiologique. Et le fameux “pas d’écran 1h avant de se coucher” pour éviter de dérégler la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil.
Cette même hormone qui, chez l’adolescent, est déjà en plein dérèglement (comme toutes les autres d’ailleurs). Ainsi, alors que le pic de sécrétion se produit vers 22-23h chez l’adulte, il est décalé à 1h du matin chez l’ado (leur faire cours à 8h du matin n’est donc pas la meilleure idée que l’Éducation Nationale ait eu). Donc laissez-les dormir le week-end et durant les vacances. Ils n’en seront que plus efficaces.

Je ne peux rien dire sur mon sommeil : chaque fois que je m’apprête à l’observer, je m’endors.

Francis Blanche

Trompez-vous, qu’ils disaient : faire des erreurs pour apprendre

Apprendre en se trompant 

“Est ce que quand on se trompe, ça veut dire qu’on est bête ?” Cette question, vous l’avez peut-être déjà entendue. Elle hante de nombreux enfants, et des adultes aussi, même s’ ils ne la prononcent pas à haute voix.
Souvent, erreur rime avec points en moins, moquerie des camarades ou même honte de l’auteur de la faute. Lors d’un atelier philo sur la peur, ils ont été nombreux les enfants qui m’ont parlé de la peur de rater “parce qu’on se fait gronder, parce qu’on se fait huer ou moquer”.  Et pourtant, se tromper est le meilleur moyen d’apprendre ! En voilà une nouvelle à crier sur les toits. 

Appelons les neurosciences à la rescousse pour comprendre ce qui a priori peut paraître contradictoire. Dans Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines, le neuropsychologue Stanislas Dehaene nous explique que notre cerveau ne peut ajuster ses modèles que lorsqu’il s’aperçoit d’un décalage entre ce qu’il envisageait et la réalité. C’est à ce moment que les modèles mentaux se mettent à jour. “L’erreur est donc la condition même de l’apprentissage », écrit-il. 
N’avez-vous pas remarqué d’ailleurs qu’on se souvient bien mieux d’une bonne réponse dans un QCM lorsqu’on a d’abord fait une erreur que lorsqu’on a répondu au hasard ?  A condition bien sûr que la correction nous soit donnée et expliquée, de manière immédiate et détaillée.

Dites donc à vos enfants que se tromper, non seulement ce n’est pas la fin du monde, mais que ça fait partie du processus d’apprentissage. “Je me trompe donc j’apprends”, pourrait-on dire. Et les Shadoks ajouteraient “Ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir… En d’autres termes, plus ça rate et plus on a de chances que ça marche !”

Apprendre en faisant des efforts 

Se pose alors une autre question, problématique elle aussi. C’est celle de l’effort. Ce qui démotive dans l’erreur on l’a dit, c’est la peur de paraître bête, d’avoir une mauvaise note. Mais c’est aussi la peur (la flemme ?) de devoir recommencer.  
Et bien non, scoop ! Tout le monde doit faire des efforts, peut-être plus ou moins grands, mais sinon, il n’y a pas de progression. 

Rappelez-vous ou rappelez à votre enfant ses premiers pas. A-t-il été facile de se mettre debout et d’avancer ? Combien de chutes, combien de tâtonnements avant de pouvoir se dresser sur ses deux jambes et avancer sans se tenir à rien. Peut-être avez-vous un petit film qui traîne qui retrace cette avancée.  Idem pour apprendre à faire du vélo. Et quelle satisfaction de réussir après de gros efforts. n’est-elle pas même plus grande que lorsque la réussite survient immédiatement, (trop) facilement.

Apprendre en approfondissant  

De plus, les neurosciences, encore elles, nous disent que le cerveau retient mieux les informations qu’elle a traitées en profondeur. Henry Roedinger, un psychologue américain, encourage même à rendre les conditions d’apprentissage plus difficiles, ce qui oblige les étudiants à un engagement plus grand et à un effort cognitif, et ce qui conduit souvent à une meilleure rétention. Donc armez vos enfants de pelles, et incitez-les à creuser sur les sujets les plus divers. Et bonus, cela éveillera leur curiosité, un ingrédient essentiel au bon développement du cerveau. 

Peut-être que vous aussi, vous vous trompiez en réclamant un zéro faute du premier coup. Mettez vos modèles mentaux à jour, prenez conscience du décalage entre ce que vous envisagiez et la réalité et dédramatisez l’erreur. Ajoutez une bonne dose d’efforts et un creusage en règle, et vous obtiendrez la recette d’un apprentissage réussi ! 

Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la vérité restera dehors.
Rabindranàth Tagore

Le coin des misanthropes

Il y a des citations pleines de sagesse, qui nous aident à avancer… Et il y en a d’autres nettement plus négatives, mais parfois tellement drôles et pas dénuées de vérité. A lire et à partager quand on a un petit coup de mou.

La tolérance atteindra un tel niveau que les personnes intelligentes seront interdites de toutes réflexions pour ne pas offenser les imbéciles.

Dostoïevski

Un groupe de loups, c’est une horde. Un groupe de vaches, c’est un troupeau. Un groupe d’hommes, c’est souvent une bande de cons.

Geluck

La Terre est couverte de gens qui ne méritent pas qu’on leur parle.

Voltaire

Quand quelqu’un vous dit : Je me tue à vous le dire, laissez le mourir !

Jacques Prévert

Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser.

Montesquieu

Le monde entier est cruel à l’intérieur et cinglé en surface.

David Lynch

Le moyen le plus sûr d’éviter de haïr les hommes est de les mépriser. mais alors de les mépriser radicalement, ce à quoi on arrive quand on a une vision claire et nette de l’incroyable petitesse de leurs vues, de la colossale étroitesse de leur intelligence et de l’égoïsme sans fin de leur cœur.

Arthur Schopenhauer

Le talent, c’est le tireur qui atteint un but que les autres ne peuvent toucher ; le génie, c’est celui qui atteint un but que les autres ne peuvent pas même voir

Arthur Schopenhauer

L’homme qui a suffisamment de richesse intérieure préfère rester hors de la société, pour n’avoir rien à donner et rien à supporter.

Arthur Schopenhauer

Avez-vous remarqué comme on est bête quand on est beaucoup ?

George Sand

Nos jeunes aiment le luxe, ont de mauvaises manières, se moquent de l’autorité et n’ont aucun respect pour l’âge. À notre époque, les enfants sont des tyrans.

Socrate

J’aime assez être seul, et mon plaisir est parfois plus grand selon qui n’est pas là.

Le Chat de Geluck

Ce n’est pas que je n’aime pas les autres, c’est que je n’en ai pas besoin.

Jean Yanne

Je n’ai aucun préjugé sur personne. Je déteste tout le monde de manière uniforme.

W.C Fields

Le monde est une prison où il vaut mieux occuper une cellule individuelle.

Karl Kraus

The Good Place : Philoso-fun !

L’idée est désormais communément répandue, mais il est toujours bon de la marteler : la philosophie est partout ! Et nul besoin d’attendre la terminale, voire de s’en contenter, pour la mettre en pratique. 
En tout cas, si on la considère comme une manière de mener sa vie : s’interroger chaque jour sur le monde qui nous entoure, s’en étonner, douter, et se questionner, toujours…
Les livres et BD pour initier les enfants à la discipline sont légion, on peut également les faire discuter à partir de nombreux albums jeunesse et films (c’est ce que je propose dans les ateliers philo que j’organise), et désormais on peut regarder avec eux une série télé. 
Car la philosophie, c’est justement le propos de The Good Place, une série américaine extrêmement drôle (si, si, avec Ted Danson, CQFD), et qui, en plus, constitue une véritable initiation à la philosophie. A regarder seul ou en famille, à partir de 10 ans.

A sa mort, Eleanor Shellstrop (Kristen Bell, l’héroïne de Veronica Mars) se retrouve au “Bon endroit”. Pourtant, elle a été la pire des égocentriques toute sa vie, et elle se rend bien vite compte que l’erreur n’est pas qu’humaine : elle aurait dû être aiguillée vers “le mauvais endroit” 👎
Bien décidée à rester dans cet endroit paradisiaque et à devenir une bonne personne, elle s’adjoint les services de son âme sœur, qui est, commodément, professeur de philosophie et d’éthique morale.

Et c’est parti pour 4 saisons hilarantes de questionnement sur le bien, le mal, le bonheur : 
– c’est quoi, être une bonne et une mauvaise personne ? Selon Eleanor, elle n’a pas été si horrible : elle n’a tué personne ! Elle ne devrait être ni au bon endroit, ni au mauvais, mais à l’endroit moyen pour les personnes moyennes.
– ça a quel goût le bonheur ? Celui d’une batterie de téléphone chargée à plein ?
– est ce que le bonheur, c’est vivre pour l’éternité aux côtés de son âme sœur ? Et d’ailleurs, les âmes sœurs, ça existe ? Faut-il attendre la mort pour les rencontrer ?
– est ce que le paradis, c’est un petit village propret qui ressemble à Disneyland, où le yaourt glacé est à dispo illimitée et où les couvercles de café à emporter ne coulent pas ? 

Vous le voyez, les questions a priori les plus farfelues (mais pas tant que ça, si on y réfléchit bien) côtoient la présentation des plus grands philosophes et de leurs théories, avec mise en pratique tout au long des épisodes (voir l’épisode du dilemme du tramway, à mourir de rire et horriblement pragmatique). Le tout porté par un scénario impeccable, plein de rebondissements, de dialogues ciselés et de personnages sympathiques.

The Good Place est une série maline, attachante, drôle ET intelligente. A voir absolument.  

52 épisodes de 22 minutes, disponibles sur Netflix

Les plus belles répliques philosophiques de Michael

Chercher du sens est un suicide philosophique. Comment faire quoi que ce soit quand on comprend la nature éphémère de l’existence ?

Eh bien, j’ai tout lu de votre syllabus philosophique, et, comment le dire délicatement… c’est de la foutaise !

Eleanor : C’est quoi votre truc avec les yaourts glacés, vous n’avez jamais entendu parler des crèmes glacées ?
Michael : Si, bien sûr, mais j’ai fini par vraiment aimer le yaourt glacé. Il y a quelque chose de tellement humain là-dedans: on prend un truc génial et on le gâche un peu… pour en avoir plus.

Chidi : Pourquoi vous embêter à nous parler de quelque chose de réel ? Pourquoi ne pas simplement mentir sur tout ça ?
Michael : Les mensonges sont toujours plus convaincants lorsqu’ils sont plus proches de la vérité.

Je me sens comme dans Friends saison 8. À court d’idées et obligé de mettre Joey et Rachel ensemble, même si cela n’avait aucun sens.

C’est un événement rare, comme un double arc-en-ciel. Ou comme quelqu’un sur Internet qui dit : « Vous savez quoi ? Vous m’avez convaincu que j’avais tort.

Accompagner les enfants atypiques

C’est quoi un enfant atypique ?

Même si chaque enfant a sa spécificité, on désigne par cette expression les enfants qui sortent du cadre et qui ont parfois du mal à trouver leur place à l’école ou dans un groupe d’enfants du même âge.

Les Dys

On regroupe sous ce terme les troubles cognitifs spécifiques et les troubles des apprentissages qu’ils induisent. Ces troubles apparaissent avant ou lors des premiers apprentissages et persistent à l’âge adulte, et ont des répercussions sur la vie scolaire, professionnelle et sociale.
On les regroupe en 6 catégories :

  • La dyslexie et la dysorthographie (troubles spécifiques de l’acquisition du langage écrit)
  • La dysphasie (troubles spécifiques du développement du langage oral)
  • La dyspraxie (troubles spécifiques du développement moteur et/ou des fonctions visuo-spatiales)
  • La dyscalculie (troubles spécifiques des activités numériques)
  • Les troubles spécifiques du développement des processus mnésiques
  • Le TDA/H (trouble d’attention avec ou sans hyperactivité, c’est-à-dire troubles spécifiques du développement des processus attentionnels et/ou des fonctions exécutives. Pour en savoir plus sur ce trouble, je vous recommande la lecture de la BD d’Emma

Les HPI (haut potentiel intellectuels)

Un HPI, encore souvent appelé à tort surdoué, est un enfant dont les capacités cognitives sont nettement supérieurs à la moyenne. C’est un enfant hypersensible, très curieux, ayant su lire tôt. Leur socialisation est parfois difficile. Le HPI a un mode de fonctionnement différent :

  • il a une pensée en arborescence : chaque idée va se diviser en d’autres idées et ainsi de suite.
  • son cerveau droit serait prédominant : il serait plus intuitif, plus émotif et plus créatif.
  • il traite l’information très rapidement
  • il est à l’aise dans le domaine logico-mathématique : il trouvera facilement la solution d’un problème de maths mais il ne saura pas toujours détaillé son raisonnement.
  • il aime tout comprendre et tout apprendre, et a souvent un regard très lucide sur le monde
  • il a une grande mémoire
  • il lui faut moins de temps pour apprendre : un enfant non HPI aura besoin de 8 répétitions en moyenne pour apprendre quelque chose contre 2 pour un HPI.
  • hypersensible, il peut se sentir agressé par des sons, des couleurs, des odeurs, …
  • il a une grande capacité d’empathie

Pour en savoir plus sur son mode de fonctionnement, je vous recommande la lecture de L’enfant Surdoué de Jeanne Siaud-Facchin dont est extrait cette citation :

Etre surdoué ne signifie pas être plus intelligent que les autres, mais fonctionner avec un mode de pensée et une structure de raisonnement différentes.
L’intelligence de l’enfant surdoué est atypique. C’est cela qui rend difficile son adaptation scolaire mais aussi sociale. C’est aussi grandir avec une hypersensibilité envahissante

Qu’est-ce que le coaching peut leur apporter ?

Le coach n’est bien évidemment pas là pour travailler sur les « dys », ceux-ci sont pris en charge par des spécialistes. En revanche, il peut accompagner ces enfants atypiques en les aidant à faire de leur trouble une force.
Grâce à un accompagnement personnalisé, sur-mesure et avec l’aide d’outils adaptés à chacun, le coach :

  • fait prendre conscience à l’enfant qu’il n’est pas son trouble
  • l’aide à distinguer ce qu’il ne peut pas faire de ce qu’il ne veut pas faire
  • le fait travailler sur sa confiance en lui
  • l’aide à gérer ses émotions et à cultiver ses talents propres

Le coaching aider l’enfant à mieux vivre sa différence et à y trouver du positif, ainsi que des méthodes d’apprentissage adaptés à son fonctionnement.

Développer les habiletés de pensée

Besoin d’occuper un jour de pluie ou envie de tester une nouvelle occupation avec votre enfant ? Voici quelques idées à mettre en œuvre chez vous. Essayez aussi nos philo-jeux.
Et si souhaitez organiser un atelier philo avec un groupe d’enfants, contactez-moi.

Apprendre à argumenter

A quoi ça sert ?

C’est un des fondements de la discussion philosophique : expliquer ce que l’on dit en justifiant, en donnant des exemples.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant quel est son livre préféré, son gâteau préféré ou même son vêtement préféré, et demandez lui pourquoi. 
Voici quelques phrases de relance pour creuser son argumentation : 

  • Sais-tu dire pourquoi tu penses que … ?
  • As-tu un exemple pour justifier ce que tu me dis  ?
  • As-tu un contre-exemple qui te fait dire que … ?
  • Peux-tu trouver une situation ou un exemple qui rend faux ou impossible ce que tu as dit ?
  • Qu’est-ce qui te permet de dire que … ?
  • Est-ce que cet argument / contre-argument est valide ? Pourquoi ?

C’est quoi un bon argument ?

A quoi ça sert ?

Image par mohamed Hassan de Pixabay

Quand on cherche à convaincre, et non à persuader, il nous faut user du meilleur argument, c’est-à-dire proposer des éléments de preuve qui vont valider une idée, qui vont faire que la personne à qui on expose  cet

argument va se rallier à nous ou à notre idée. On ne cherche pas à jouer sur les émotions avec un bon argument, mais bien sur la raison.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant si les arguments suivants jouent l’émotion ou la raison, et partagez leurs réponses en commentaires  : 

  • Mon père m’a assuré que ce n’était pas lui qui avait mangé le dernier chocolat, et ce n’est vraiment pas son genre de mentir. 
  • Si tu ne punis pas Timothée pour m’avoir fait un croche-pied, alors la prochaine fois, c’est un coup de poing au visage qu’il me donnera
  • on peut dire que la Terre est ronde parce que selon l’endroit où je me trouve sur Terre, je ne vois pas les mêmes constellations dans le ciel
  • Tu ne peux pas gronder Mozza pour avoir mangé le jambon dans la cuisine, ce chat est bien trop mignon
  • Tous les humains sont mortels, or tous les Français sont des humains, donc tous les Français sont mortels

L’avocat du diable

Demandez à votre enfant de trouver un argument en faveur des propositions suivantes mais aussi des contre-arguments pour les remettre en question (et trouvez d’autres propositions qui parleront à votre enfant) : 

  • fêter Halloween
  • Aller à l’école
  • Faire du sport
  • Allez chez le dentiste
  • Manger de la viande
  • Lire des mangas / BD
  • Rouler en voiture
  • Jouer aux jeux vidéos
  • Trouver un emploi
  • Partir en vacances

Analyser un argument

A quoi ça sert ?

Image par mohamed Hassan de Pixabay

Apprendre à distinguer l’argument explicatif de l’argument justificatif est important dans l’apprentissage du raisonnement.

 

En philosophie, comme dans la vie, il faut savoir établir un raisonnement argumentatif, pour convaincre notamment. Mais c’est quoi, un argument? Une raison, une bonne raison? Une explication? Une justification, voire une excuse? 

Un argument est une raison qui va permettre de cautionner, appuyer une affirmation, ou de la remettre en question (ce sera alors un contre-argument). Il existe plusieurs types d’arguments; parmi lesquels la justification et l’explication.
La justification crée une relation logique qui vise à convaincre; l’explication, elle, crée une relation de causalité, elle expose des causes pour clarifier une situation.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant si chaque argument suivant est, selon lui, une justification, une explication ou ni  l’un, ni l’autre, en argumentant sa réponse bien évidemment !

  • Roxane n’est pas allée dans le train fantôme parce qu’elle a peur.
  • Puisque Simon a le COVID, il ne va pas à l’école.
  • C’est bien, parce que c’est bien pour le plus grand nombre.
  • Dieu existe, parce que j’y crois.
  • Lysandre est le voleur, car on a trouvé les objets volés dans son casier.

Apprendre à poser des questions

A quoi ça sert ?

On pense que la philo c’est donner des réponses, mais c’est surtout apprendre à poser des questions ! Car c’est en posant les bonnes questions qu’on peut donner de bonnes réponses.

 

Les bonnes questions permettent de pointer un détail auquel on n’avait pas pensé, nous mettent sur la bonne voie, clarifient l’information et nourrissent notre curiosité ! 
Et vous l’aurez remarqué, c’est souvent une question qui débute un dialogue philosophique. 

Qu’est-ce qu’on fait ?

Alors demandez à votre enfant de choisir parmi la liste suivante 2 ou 3 éléments pour formuler une question sur un même thème, et faites lui remarquer les chemins différents où cela vous mène.
Par exemple, sur l’amitié : 
Est ce qu’on a besoin d’amis pour vivre 
Peut-on vivre sans amis 
Faut-il avoir des amis dans la vie ? 
On opère ici une distinction entre le besoin, la capacité et l’obligation : dans le premier cas, la discussion sera plutôt centrée sur les besoins essentiels ou non de l’existence ;  dans le 2e, sur notre capacité, la possibilité qu’on a de vivre sans amis ; dans le 3e cas, on parlera de la nécessité.
Des différences subtiles mais importantes qui permettent d’enrichir le raisonnement. Alors, go, choisissez entre : 

  • Comment  ?
  • Est-ce que  ?
  • Qu’est-ce que  ?
  • Faut-il  ?
  • Quand ?
  • Quelle différence  ?
  • En quoi ?
  • Pourquoi  ?
  • Qui  ?
  • Combien ?
  • D’où  ?
  • Peut-on  ?
  • Est-ce bien de  ?
  • Est-ce mal de ?
  • Qu’implique ?
  • A quoi sert  ?
  • Avons-nous  ?
  • Sommes-nous ?

Vérifier une hypothèse

A quoi ça sert ?

Image par Manfred Steger de Pixabay

Un atelier philo débute en général avec une question : pourquoi rit-on, à quoi ça sert l’école, est-ce que quand on se trompe on est bête ? Chacune de ces questions appelle une, voire plusieurs réponses. Et avant d’avoir pu vérifier si ces réponses étaient valables, ce sont

 

dans un premier temps des explications plausibles, des hypothèses.
Comment vérifier une hypothèse ? L’expérience, l’expérimentation, la production d’un exemple, … Mais attention, un contre-exemple peut la mettre en péril. Et peut-on vérifier toutes les hypothèses ? 

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant si les hypothèses suivantes sont vérifiables ou non.

  • La terre est plate
  • il y a une vie après la mort
  • les rêves racontent ce qu’on pense vraiment au fond de nous 
  • les fourmis vivent en société
  • les carottes rendent aimables 

Repérer les sophismes

A quoi ça sert ?

C’est quoi un sophisme ? Une figure rhétorique qui cherche à convaincre en utilisant des arguments certes très séduisants mais trompeurs au final. En général, le sophisme s’appuie sur les émotions, la pression du groupe social , les traditions, les préjugés, la

 

généralisation abusive… Bref, tous les éléments dont le penseur critique doit se méfier. 
Le sophiste n’est pas pour discuter, donc progresser dans une recherche collective de la vérité, mais pour convaincre et l’emporter. Il pourra utiliser l’attaque personnelle, l’appel au clan, à la popularité, au préjugé, au stéréotype, à la peur, à la tradition, l’argument d’autorité. Malgré son côté péremptoire, ce type d’argument témoigne d’une faiblesse dans le raisonnement. Il est donc bon de savoir les repérer. 

Qu’est-ce qu’on fait ?

Essayez de déterminer avec votre enfant de quel sophisme il s’agit : Généralisation abusive / Appel au clan / Appel au préjugé / Double faute / Pente fatale.

  • Ma mère s’est abstenue toute sa vie de fumer et elle est morte d’un cancer. S’abstenir ne sert donc à rien.
  • Si tout le monde s’abstient, alors moi aussi.
  • Comme personne ne s’abstient, je peux le faire aussi.
  • Si je ne m’abstiens pas maintenant, je vais vomir et finir à l’hôpital.
  • Je ne m’abstiendrai pas, car il faut profiter de tout ce que la vie nous offre.
  • Rien ne sert de s’abstenir, il faut consommer avec modération.
  • Noa ne se prive de rien. Moi, j’abuse de tout.
  • Seulement ceux qui ont de la volonté savent s’abstenir.
  • Si je m’abstiens aujourd’hui, je ne le ferai jamais et je risque de mourir idiot.
  • Je m’abstiens seulement si vous aussi vous le faites.

Repérer la généralisation abusive

A quoi ça sert ?

Image par GraphicMama-team de Pixabay

C’est souvent une des premières choses que je travaille lors des ateliers philo que j’organise avec les enfants. Pas par choix, ni par méthode, mais parce qu’elle surgit très rapidement dans la discussion.  Penser que parce qu’ils pensent ou font quelque chose, tout le monde est dans ce cas, est souvent ancré en eux.

 

Or faire d’un cas, ou même de plusieurs, une généralité, est un piège récurrent du raisonnement, chez les enfants comme chez les adultes. 
Comment éviter de tomber dans ce piège : en considérant l’échantillonage des cas énoncés. Est-ce qu’il est représentatif, est-ce qu’il est suffisant ? 
Obtenir cette information n’est pas toujours possible. Attention donc à ce que la généralisation ne nous induise pas en erreur en faisant des raccourcis (que la pensée peut avoir tendance à faire pour gagner du temps, de l’énergie). 
“Garance n’aime pas ni le chou, ni les betteraves” => Je peux donc affirmer que Garance n’aime aucun légume. 

Pourquoi est-il important de travailler sur la généralisation abusive ? Parce qu’elle est à l’origine de la plupart des idées reçues. Interroger une personne raciste sur la raison de ce racisme et vous en aurez un bon exemple. Attention à ne pas commettre ce type d’erreur donc. 
Pour autant, dans le raisonnement, l’acte de généraliser occupe une place importante, et peut-être très utile pour progresser dans sa réflexion et entrevoir un problème sous un aspect plus global. 

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant quel quantificateur est sous entendu dans les phrases suivantes : est-ce certains,  tous ou aucun.

  • Il y a des personnes qui ne sont pas respectueuses
  • Personne n’aime la guerre. 
  • Seules les femmes peuvent accoucher d’un enfant.
  • Les robots français ont la meilleure conception. 
  • La plupart des mammifères ne volent pas.
  • Le chien est le meilleur ami de l’homme.
  • Il n’y a pas une seule personne qui se soit levée dans le bus pour me laisser sa place.

Qu’est-ce qu’on fait encore ?

Demandez à votre enfant quel est le quantificateur temporel des phrases suivantes, parfois, toujours ou jamais. 

  • Chaque fois qu’il y a du soleil, je mets mes lunettes.
  • Il ne faut pas tricher.
  • Je m’attache les cheveux seulement quand je fais du sport.
  • Quelques enfants n’aiment pas les légumes. 
  • La lumière se propage plus rapidement que le son 
  • Il arrive que je fasse la vaisselle à la main.
  • S’il pleut, alors le sol est mouillé.
  • Fromage ou dessert, il faut choisir.

Qu’est-ce qu’on fait encore ?

Demandez à votre enfant de généraliser à partir des affirmations suivantes ?
Par exemple, la liberté, c’est important => la liberté c’est toujours important ET/OU la liberté est importante pour tout le monde.

  • L’appétit vient en mangeant
  • Mes deux chats n’aiment pas le lait.
  • Voir un film procure des émotions. 
  • Garance aime ses enfants.
  • Le respect, c’est bien.

Apprendre à définir

A quoi ça sert ?

Savoir définir (un mot, une notion, un concept) est une habileté de penser très importante.
Il vaut toujours mieux savoir de quoi on parle !

 

Pour définir, on peut trouver, énoncer, ce qui est essentiel à la chose qu’on veut définir. Ex : une cerise est un petit fruit rouge et rond que je mange en été (j’ai donné sa catégorie, le fruit, et des éléments qui me semblent le différencier des autres fruits).

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant de définir les mots suivants en trouvant la catégorie à laquelle ils appartiennent et leurs éléments distinctifs.

Mot CatégorieÉlément distinctif
ChienAnimalQui aboie
Noël
Hiver
Le lait
Le bonheur
La peur

Apprendre à douter

A quoi ça sert ?

Image par ElisaRiva de Pixabay

Voici un sujet épineux pour celui qui veut philosopher. Le doute n’a pas toujours bonne réputation : douter de tout, toujours, peut être déstabilisant, épuisant et nous faire commettre des erreurs.

Pourtant, le doute est un élément essentiel du raisonnement philosophique. C’est “le sel de l’esprit” pour Alain. Il nous permet de sortir de la dualité du vrai/faux, d’un certain relativisme  qui finit par s’avérer stérile. Il faut donc apprendre à douter.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant si on peut douter des propositions suivantes et demandez lui, bien sûr, de justifier sa réponse.

  • La terre tourne autour du soleil.
  • Les chats boivent du lait.
  • J’existe
  • La joie est une émotion.
  • Il y a une vie après la mort.
  • On peut douter de tout

Apprendre à comparer

A quoi ça sert ?

Image par Alexas_Fotos de Pixabay

Cette aptitude est un élément essentiel du processus de raisonnement. Elle aide à définir, identifier des similitudes ou au contraire distinguer, …. 

Comparer, c’est prendre 2 éléments ou situations, les placer côte à côte et voir les points communs et les différences entre eux. Comparer peut aider :

  • à définir et donc à comprendre ou se faire comprendre
  • à établir des relations de similitude
  • ou au contraire à faire des distinctions, pour préciser un raisonnement par exemple
  • à se rassurer aussi !

Pour comparer, on utilise des mots comme “comme”, “plus”, ”moins”, “autant que”, “c’est comme”…
Il existe plusieurs types de comparaisons (la métaphorique, la situationnelle, la personnelle, la analogique et la fausse analogie) sur lesquelles nous pourrons revenir.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Pour commencer à travailler cette habileté, demandez à votre enfant de faire des comparaisons avec les éléments suivants mais en identifiant une différence.
Par exemple, une licorne, c’est COMME un cheval MAIS avec une corne.

  • Un chat, c’est COMME … MAIS
  • Un adulte, c’est COMME … MAIS
  • Un chausson, c’est COMME … MAIS
  • Un jeu, c’est COMME … MAIS
  • Un légume, c’est COMME … MAIS
  • Penser, c’est COMME … MAIS

Apprendre à repérer une fausse analogie

A quoi ça sert ?

Si la comparaison est très utile pour aider à définir ou à distinguer, elle peut également permettre de biaiser le raisonnement… si on utilise une fausse analogie.
 

La fausse analogie permet à l’interlocuteur de faire valoir un raisonnement en comparant ce qui n’est pas comparable. Il cherche à convaincre en utilisant une situation familière mais pas assez analogue avec l’opinion qu’il veut démontrer.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant s’il s’agit selon lui de fausses analogies : 

  • Les adultes sont payés pour leur travail, les enfants devraient l’être aussi. 
  • Même s’il y a du sang, les sports de combat ne sont pas violents. Du sang, il y en a aussi dans les salles d’opérations.
  • Tu veux que je mange de la salade ? Mais je ne suis pas un lapin !
  • Tu critiques mes arguments mais Galilée aussi était critiqué de son temps !
  • Les femmes font le ménage. Les hommes doivent le faire aussi.

La comparaison métaphorique

A quoi ça sert ?

Image par Pete Linforth de Pixabay

Une métaphore, c’est lorsqu’on associe la chose que l’on souhaite comparer à une image avec laquelle elle a de fortes ressemblances. Du moins pour nous. 

C’est un bon moyen de se faire comprendre d’autrui, de lui faire entendre ce qu’on entend par un mot, une notion, et cela permet aussi de travailler l’imagination et le sens figuré. Carton plein donc !

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant de comparer les éléments suivants avec une image qui leur vient.
Exemple :
Le soleil couchant c’est comme « l’or du soir » pour Victor Hugo (dans Demain, dès l’aube)

  • La peur c’est comme ….
  • La colère c’est comme ….
  • L’imagination c’est comme …..
  • Le bonheur, c’est comme …..
  • La mémoire c’est comme…

Apprendre à raisonner par syllogismes

Image par mohamed Hassan de Pixabay

Un syllogisme est un raisonnement logique qui se présente en 3 parties, 2 prémisses et une conclusion et qui fait intervenir des habiletés cognitives comme la déduction et l’induction. 


C’est Aristote qui a été le premier à le formaliser dans son Organon. 
Voici un exemple de syllogisme : Tous les chiens aboient / Medor aboie / Donc Medor est un chien. 

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant de compléter les raisonnements suivants : 
Tous les enfants aiment les bonbons. 
Théodore est un enfant. 
Donc…

La nuit, tous les chats sont gris. 
Senjo est un chat.
Donc…

Garance ne mange pas de légumes verts.

Donc Garance ne mange pas de brocolis.

Aucun homme ne sait voler.
Dominique est un homme.
Donc…

Toutes les planètes tournent autour du soleil.  
………  
Donc la terre tourne autour du soleil

A quoi ça sert ?

Manier les syllogismes et comprendre leur fonctionnement nous permet de réfléchir à notre manière de penser, de la décomposer. En utilisant les habiletés cognitives de déduction et d’induction, nécessaires aux syllogismes, on améliore notre capacité à réfléchir.

Reconnaître la valeur d’un raisonnement

A quoi ça sert ?

Image par Sitanshu Kumar de Pixabay

Un raisonnement logique poussé à l’extrême peut devenir absurde. Il est utile de s’entraîner à le détecter pour pouvoir le contrer ou du moins ne pas se laisser embarquer.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Sous leur aspect logique et très rigoureux, les syllogismes amènent parfois à une conclusion absurde car le raisonnement derrière n’est pas valable. 
Présentez à votre enfant les syllogismes suivants et demandez leur si, selon eux, ils sont valables ou pas (on n’oublie pas de leur demander d’argumenter !)

Lily est plus grande que Fanny
Fanny est plus grande qu’Antoine
Donc Lily est plus grande qu’Antoine

Les adultes sont des personnes responsables
Melchior est un enfant
Donc Melchior est irresponsable

Les oiseaux volent
La poule est un oiseau
Donc la poule vole

Les filles ont les cheveux longs
Baptiste a les cheveux longs
Donc Baptiste est une fille

Les étoiles brillent la nuit
Le soleil est une étoile
Donc le soleil brille la nuit.

Apprendre à déduire

A quoi ça sert ?

La déduction est une aptitude essentielle à la construction d’un raisonnement : que peut-on déduire à partir d’une affirmation, mais, aussi important, que ne peut-on pas déduire ?

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant ce qu’il est possible de déduire à partir de ces énoncés :

Il neige
a) donc il fait froid
b) donc on va pouvoir faire des batailles de boules de neige
c) donc les gens vont tomber malade

Il y a un très gros cadeau sous le sapin 
a) donc il est pour moi 
b) donc il a coûté plus cher que les autres paquets 
c) donc il contient un gros objet

Théodore n’a pas fini sa dinde 
a) donc il n’a plus faim pour le dessert 
b) donc il n’avait plus envie de manger son plat
c) donc il n’aime pas la viande

La lune tourne autour de la terre
a) donc le terre ne tourne pas autour de la lune
b) donc la lune n’a pas d’habitants 
c) donc on voit la lune depuis la terre une partie de la journée

Apprendre à induire : le raisonnement inductif

A quoi ça sert ?

Image par mohamed Hassan de Pixabay

Comme le raisonnement déductif, c’est une opération mentale essentielle à notre fonctionnement.
Induire, c’est le contraire de déduire. Si la déduction ne nous permet pas vraiment de produire de nouvelles connaissances, l’induction, elle, le

peut : on passe du particulier au général, de faits à des principes généraux. Ex: dès que je mange du lait, du fromage et des yaourts, je suis malade. Donc je suis peut-être intolérante au lactose.
Mais attention au danger : faire de généralisation abusive, en concluant une vérité qui n’est pas vraiment contenu dans les prémisses du raisonnement

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant si, selon lui, les conclusions suivantes sont valables ou pas : 

  • Les pommes de terre poussent dans la terre, les oignons aussi, les carottes aussi. Donc tous les légumes poussent dans la terre
  • Avant de prendre le volant, je ne bois pas d’alcool. Et je ne bois pas d’alcool seulement lorsque je vais conduire. C’est donc la conduite qui est la raison de ma non-consommation d’alcool.
  • Lucas, Nathan, Paul et Killian aiment le foot, donc tous les hommes aiment le foot.
  • Garance, Marilou et Chaïma ont les cheveux longs. Donc toutes les filles ont les cheveux longs.
  • La poule est un oiseau : elle a des ailes et ne vole pas, comme l’autruche et le manchot. Donc aucun oiseau ne vole.

Trouver des contre-exemples

A quoi ça sert ?

Image par mohamed Hassan de Pixabay

Trouver des exemples et des contre-exemples est une aptitude essentielle en philosophie : c’est une très bonne manière de tester sa pensée mais aussi de déconstruire des préjugés, et de parfaire son raisonnement.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demander à votre enfant de trouver des exemples et des contre exemples aux affirmations suivantes. 

  1. Tous les animaux sont poilus.
  2. La liberté c’est faire ce que l’on veut.
  3. Le bonheur, c’est l’absence de malheur
  4. Les amis sont gentils.
  5. Tous les oiseaux volent.

Apprendre à catégoriser

Ranger les mots, les notions, les concepts dans des catégories aide à les définir et à organiser l’information.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant de trouver un groupe, une catégorie dans le(a)quel(le) il serait possible d’inclure les éléments suivants. Par exemple, un chat est un animal, une carotte est un légume.  

  1. La colère
  2. La Terre
  3. Un fauteuil
  4. L’amour
  5. Une poupée
  6. L’imagination
  7. Le courage
  8. La méchanceté
  9. Le smartphone
  10. La liberté

Essayez aussi nos philo-jeux pour apprendre à catégoriser.

Peser le pour et le contre

Qu’est-ce qu’on fait ?

Apprendre à réfléchir, c’est aussi apprendre à classer ses idées, à peser le pour et le contre. 
Demandez à votre enfant quels sont les avantages et les inconvénients d’être un enfant.

Puis les avantages et les inconvénients d’être un adulte. Vous pouvez le faire sous forme de tableau. Posez lui les questions suivantes : 

  • qu’est qu’un enfant peut faire qu’un adulte ne peut pas faire ? 
  • qu’est-ce qu’un adulte peut faire qu’un enfant ne peut pas faire ?

A quoi ça sert ?

Votre enfant vient de faire une liste de pour et de contre. A l’issue de cette première réflexion, vous pouvez lui demander : alors, préférerais-tu être un adulte ou un enfant ?
N’oubliez pas de le faire argumenter, à l’aide des raisons qu’il vient de lister !

Apprendre à réviser ses jugements

A quoi ça sert ?

Chaque individu est capable de modifier ses comportements ou ses avis sur une question. Pour cela, il faut faire preuve d’autocritique.  
Alors oui, l’être humain est capable, grâce à sa conscience, de réfléchir sur lui-même. Mais cette réflexion ne

se fait pas toujours de façon critique : nos idées se succèdent dans notre cerveau par association, et on ne prend pas toujours le temps de réfléchir au pourquoi de ces idées, de ces pensées, on ne prend pas toujours le temps de les analyser.. Sont-elles valables, sont-elles vraies ?  Qu’est-ce qui m’a amené à penser ça ? C’est une routine à adopter, un réflexe à acquérir.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant si, les personnes suivantes devraient changer d’avis ou pas et demandez lui, comme d’habitude, de justifier sa réponse.

  • Baptiste pense que voter ne sert à rien.
  • Théodore croit qu’il peut gagner au loto.
  • Garance pense que l’argent ne devrait pas exister.
  • Lucas estime que la terre est plate.
  • Sofia pense que son avenir dépend uniquement des autres.
  • Aurélien croit qu’il a toujours raison.
  • Sarah pense que la masse d’un corps détermine la vitesse de sa chute.

Philosopher à partir d’un film

Peter Pan de Walt Disney

Visionnez avec votre enfant le dessin animé puis entamez la discussion sur le thème Peut-on rester enfant toute sa vie ? Quelques idées de questions pour vous lancer :

  • Quels sont les avantages et les inconvénients d’être enfant ? Adolescent ? Adulte
  • Si tu pouvais choisir ton âge d’un coup de baguette magique, lequel choisirais-tu : 8 ans , 16 ans ou 40 ans ? 
  • A partir de quel âge est-on grand ? 
  • Que doit-on faire pour “être grand”
  • Est-ce que c’est bien de grandir ? 
  • Est ce que grandir ça fait peur ? 
  • Qu’est ce qui fait grandir ?

A quoi ça sert ?

Le cinéma procure émotions et plaisir. Mais c’est aussi un moyen d’ouvrir une réflexion et de se pose des questions sur le monde qui nous entoure.

Philosopher à partir d’une histoire

Yakouba de Thierry Dedieu

Lisez à votre enfant Yakouba, un album magnifique de Thierry Dedieu. Puis lancez la discussion avec les questions suivantes. Faites le argumenter et rebondissez sur ses réponses.

  • C’est quoi le courage ? 
  • Qu’est-ce qu’être une grande personne ? 
  • Doit-on toujours respecter les traditions ? 
  • Qu’est-ce qu’un bon choix ? 
  • Doit-on vivre avec les autres pour être heureux ?
  • Faut-il toujours obéir au groupe ?

Une nuit, un chat d’Yvan Pommaux

Lisez à votre enfant Une nuit, un chat d’Yvan Pommaux. Puis lancez la discussion avec les questions suivantes. Faites le argumenter et rebondissez sur ses réponses.

  • à votre avis, que va-t-il arriver à Groucho : son père va le sauver / Groucho va trouver une solution par lui-même / un éclair va foudroyer le rat et nos deux amis vont être sauvés
  • Est-ce que c’est bien de grandir ?
  • Quand est-ce qu’on devient une « grande personne » ?
  • Peut-on tout faire quand on est grand ?
  • Est-ce que c’est facile de grandir ?
  • Est-ce que ça fait peur de grandir ? 
  • Quels sont les avantages et les inconvénients de grandir ?
  • Qu’est-ce qui grandit quand on grandit ?

A quoi ça sert ?

La lecture procure des émotions mais c’est aussi un outil de réflexion sur le monde qui nous entoure, et l’occasion de discuter avec votre enfant des grandes questions qu’il se pose.

Cherche-amis d’Audrey Poussier

C’est l’été, Basile le chat s’ennuie. Il aimerait se faire de nouveaux amis. Alors il laisse une petite annonce à la boulangerie : « Cherche ami, s’adresser à la maison jaune ». Puis il retourne chez lui et il attend devant sa porte.

Une histoire malicieuse et très fraîche sur l’amitié, sa naissance, sa raison d’être, sa recherche. 
Lisez l’histoire à votre enfant, puis lancez la discussion avec les questions suivantes. Faites le argumenter et rebondissez sur ses réponses :

  • comment se fait-on des amis ?
  • Qu’est ce qu’on partage avec un ami ? 
  • Faut-il avoir des amis ? 
  • Peut-on vivre sans amis ?
  • Pourquoi Xx est ton ami? 
  • A quoi ça sert un ami ? 
  • Faut-il se ressembler pour être ami ? 
  • Peut-on / faut-il tout dire à un ami ?
  • Peut-on mentir à un ami ? Est ce que si on trahit un ami, c’est encore un ami ?

Le Roi Midas : l’argent

Racontez à votre enfant l’histoire du Roi Midas (vous trouverez de nombreuses versions accessibles sur Internet). Puis lancez la discussion avec les questions suivantes. Faites le argumenter, rebondissez sur ses réponses.

  • aurais-tu fait le même vœu que Midas ?
  • penses-tu que Midas s’attendait à ce qui lui est arrivé ? 
  • l’argent permet-il de couvrir tous nos besoins ? 
  • quels sont les besoins essentiels à l’homme, c’est-à-dire ceux qui sont indispensables à notre vie ? 
  • l’argent peut-il tout acheter ?

Le mythe de Prométhée

Image par WMU de Pixabay

Comment les hommes ont-ils été créés ? Voici la question à laquelle se propose de répondre ce mythe mettant en scène Prométhée et son frère Epiméthée qui ont reçu la charge par Zeus de façonner les êtres vivants.

Vous trouverez de nombreuses versions de ce mythe sur Internet ou dans des livres de mythologie.
Lisez ce mythe à votre puis lancez la discussion avec les questions suivantes. Faites le argumenter, rebondissez sur ses réponses.

  • Est ce que les animaux et les humains se voient attribués les mêmes qualités ? 
  • Prométhée donne le feu aux humains parce qu’ils estiment qu’il y a un déséqulibre. Es-tu d’accord ? 
  • Penses-tu que l’être humain et l’animal réalise les actions suivantes de la même manière. Argumente : manger, se déplacer, s’exprimer , jouer, mourir, réfléchir, faire des câlins
  • Penses-tu que l’être humain soit un animal comme les autres ? 

A quoi ça sert ?

La mythologie grecque regorge de récits qui plaisent aux enfants ET font réfléchir sur l’homme : la création de l’univers, de l’homme (Prométhée), de longs voyages (l’odyssée), des guerres épiques (L’Iliade), … De quoi penser la violence, les émotions, les règles… En somme, tous les sujets philosophiques !

Philosopher à partir d’une œuvre d’art

A quoi ça sert ?

Tout comme le livre ou le film, philosopher à partir d’une peinture ou d’une photographie permet à votre enfant de se décentrer et donc paradoxalement de rentrer dans le vif du sujet. Il ne parle pas de lui, il parle des personnages qu’il voit. Et pourtant…

Qu’est-ce qu’on fait ?

Aujourd’hui, on s’intéresse au thème Moi et les autres. Comment se situer face au groupe, garder sa personnalité ou pas, qu’est ce qui fait de nous ce que nous sommes, est-ce que notre identité se construit grâce au groupe ou en dépit de lui ? Un sujet passionnant surtout pour un enfant en pleine construction identitaire ! 
Montrez à votre enfant une représentation des Ménines de Velazquez et, en regard, de l’enfant sage de Doisneau, et posez lui les questions suivantes : 

  • Qu’est-ce que tu vois sur ces œuvres  ? Qu’est ce que tu imagines ?
  • Que ressens-tu ? 
  • Est ce que ça te plaît ? Pourquoi ? 

Sur les Ménines, plus spécifiquement, on s’intéressera au regard des autres :

  • à quoi me sert le regard des autres ? 
  • Le regard des autres est-il gênant ? 
  • A-t-on besoin du regard des autres ?

Sur le Doisneau, on s’intéressera au rapport au groupe :

  • est ce qu’on se construit par rapport au groupe ? 
  • Est ce que les autres font de nous ce que nous sommes ?
  • peut-on être soi-même dans le groupe ? 

Un peu de contexte historique sur les Ménines :  Peint en 1656, le tableau représente la famille de Philippe IV, roi d’Espagne, ainsi que plusieurs personnages de la cour. La jeune infante Marguerite-Thérèse est entourée de demoiselles d’honneur, d’un chaperon, d’un garde du corps, d’une naine, d’un enfant italien et d’un chien, ainsi que le peintre en train de peindre et un miroir à l’arrière plan avec les images de la reine et du roi en train d’être peints. Par le jeu de miroir, le couple royal semble être placé hors de la peinture, à l’endroit même où un observateur se placerait pour voir celle-ci.

A quoi ça sert, les règles ?

Qu’est-ce qu’on fait ?

Image par Raul lucus de Pixabay

Racontez à votre enfant l’histoire suivante, et lancez la discussion avec lui. Faites le argumenter, rebondissez sur ses réponses.

Tu fais partie d’une expédition révolutionnaire, et ton bateau a échoué sur une île déserte… En attendant les secours, ton équipage et toi devez organiser la vie sur cette île. Comment allez-vous faire ? Voici quelques questions pour lancer la discussion (libre à vous d’en ajouter d’autres) :

  • Quels problèmes se posent ? 
  • Quelles règles mettez-vous en place ? 
  • Doit-il y avoir des règles d’ailleurs ? 
  • Qu’est-ce qu’une bonne règle ? 
  • Doit-il y avoir un chef ? 
  • Comment se passe la répartition de la nourriture ?

A quoi ça sert ?

Est-ce que les règles, ça sert juste à embêter les enfants  ?
Les règles sont souvent vues par les enfants comme des consignes édictées par les adultes pour les enfants pour les embêter, les empêcher de faire ce qu’ils veulent et donc de s’amuser. Donc pour une meilleure compréhension, et une meilleure adhésion, il peut être bon de faire réfléchir vos enfants à la raison d’être des règles, leur origine.

Qui suis-je ?

Qu’est-ce qu’on fait ?

Racontez à votre enfant l’histoire suivante, puis lancez la discussion avec lui. N’oubliez pas de lui demander d’argumenter.

Au centre du village, il y a un vieux puits. C’est la fierté du village : on raconte qu’il a abrité jadis l’esprit d’une fée qui protégeait les habitants. Au fil des années, pour préserver la légende et le puits, les villageois l’ont entretenu en remplaçant régulièrement des pièces et des planches abîmées, si bien qu’à la fin, il ne restait plus aucune pièce d’origine.
Après des siècles d’entretien, ce puits est-il encore celui qui abritait l’esprit de la fée ?

A quoi ça sert ?

Comment se définit-on ?
On change un peu chaque jour et si on regarde une ancienne photo de soi, on perçoit un changement. On raconte que le corps humain renouvelle toutes ses cellules en sept ans. Et pourtant, nous sommes toujours nous. Qu’est-ce qui fait que tu es toi et pas quelqu’un d’autre ?
Demandez à votre enfant de se dessiner en réfléchissant bien à ce qui le représente, le caractérise : le visage, la couleur des cheveux, oui, mais est ce que c’est tout ?

La couleur des émotions

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à vos enfants de lister 5 émotions, et de les associer à une couleur. Puis discutez en ensemble

A quoi ça sert ?

Les émotions dites primaires sont au nombre de 6 (la tristesse, la joie, le dégoût, la peur, la colère, le mépris) et il en existe bon nombre dites secondaires. Vous remarquerez sûrement que vous et vos enfants aurez listé les mêmes émotions mais ne les aurez pas forcément associer à une même couleur. Et oui, si chacun ressent les mêmes émotions, elles ne s’expriment pas toujours de la même manière !
Les émotions sont subjectives et personnelles : on ne peut pas nous dire qu’on ne les ressent pas ou nous demander pourquoi on ressent celle-là et pas une autre. Les émotions nous apprennent souvent quelque chose : la peur nous incite à être prudent, la colère nous montre nos limites, …
Pour aller plus loin, lancez la discussion avec vos enfants : 

  • A quoi ça sert une émotion ? 
  • Dois-je toujours exprimer mes émotions ?
  • Réagit-on toujours de la même manière aux émotions ?
  • Peut-on ne pas ressentir d’émotion ?
  • Peut-on être surpris par une émotion ?
  • Les émotions ont-elles toujours raison ? 

Qu’est ce qu’une émotion ?

A quoi ça sert ?

La  joie, la peur, le dégoût, la colère, la tristesse, la surprise : on s’accorde à dire que ce sont les 6 émotions principales qu’expérimentent l’être humain. Dès l’âge de un an, le petit d’homme apprend progressivement à reconnaître et à identifier ces émotions sur les visages des autres. Plus tard, il commencera à comprendre que tout le monde ne ressent pas les mêmes émotions en même temps que lui ou pour les mêmes raisons. 
Savoir reconnaître les émotions chez soi et chez autrui est la première étape du  développement de l’empathie, comprendre l’autre, comprendre qu’il ne fonctionne pas comme moi, qu’il ne pense pas moi, et que ce n’est pas grave.

Qu’est-ce qu’on fait ?

Demandez à votre enfant de lister les caractéristiques de chacune des 6 émotions principales : comment la reconnaître chez les autres, chez soi-même : est-ce un froncement de sourcil, un sourire à l’envers, une posture du corps entier, une expression verbale ? 
Est-ce facilement reconnaissable ? Est-ce que c’est pareil chez tout le monde ? Est-ce qu’il y a des caractéristiques communes entre 2 émotions ? Alors comment les différencier ? 
Et c’est parti pour une discussion ultra-riche ! 

Essayez aussi les dilemmes moraux

Citations inspirantes pour aller de l’avant

Philosophes, acteurs et écrivains se retrouvent ici pour vous donner la substantifique moelle de leur pensée. A méditer et à partager.

L’action n’apporte pas toujours le bonheur, sans doute, mais il n’y a pas de bonheur sans action.

Benjamin Disraeli

C’est très puissant de dire non. C’est la chose la plus puissante que l’on puisse dire.

Bill Murray

Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point.

Blaise Pascal

Ce qu’on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l’extérieur comme un destin.

C.G. Jung

Le contentement apporte le bonheur même dans la pauvreté. Le mécontentement apporte la pauvreté même dans la richesse.

Confucius

Si vous avez l’impression que vous êtes trop petit pour pouvoir changer quelque chose, essayez donc de dormir avec un moustique et vous verrez lequel des deux empêche l’autre de dormir.

Dalaï Lama

Le vrai bonheur ne dépend d’aucun être, d’aucun objet extérieur. Il ne dépend que de nous.

Dalaï Lama

Elle parle dix-huit langues et ne sait dire « non » dans aucune.

Dorothy Parker

Vous acquérez de la force, du courage et de la confiance, dans chaque expérience où vous cessez de fixer votre regard sur la peur.

Eleanor Roosevelt

C’est une perfection de n’aspirer point à être parfait.

Fénelon

Si vous ne commettez pas d’erreur, c’est que vous ne travaillez pas assez dur sur les problèmes. Et ça, c’est une grande erreur.

Franck Wilczek

Pour dire oui, il faut pouvoir dire non.

François Mitterrand

Nous devons incarner le changement que nous espérons voir dans le monde.

Ghandi

Il faut constamment se battre pour voir plus loin que le bout de son nez.

George Orwell

L’œil voit seulement ce que l’esprit est préparé à comprendre.

Henri Bergson

Si vous voulez toucher une cible, vous devez viser un peu au-dessus. Toutes les flèches en vol subissent l’attraction de la terre.

Henry Longfellow

Il n’y a pas de petites ou grandes choses mais il y a ce que j’aime, ce que je fais et ce qui me plait.

Jacques Prévert

Nous sommes les forgerons de nos propres chaînes et bien souvent de très habiles artisans

Jacques Salomé

Les choses ne changent pas, change ta façon de les voir, cela suffit.

Lao Tseu

Le plus grand bien que nous puissions faire aux autres n’est pas de leur communiquer notre richesse, mais de leur révéler la leur.

Louis Lavelle

Ce n’est pas tant ce que les gens ignorent qui cause de vrais problèmes, c’est tout ce qu’ils savent et qui n’est pas vrai.

Mark Twain

Dans la forêt, les vieux arbres se sont brisés mais une nouvelle forêt a toujours repoussé : à chaque époque il y a eu un monde en décomposition et un monde en devenir.

Nietzsche

Le début d’une habitude est comme un fil invisible. Mais chaque fois que nous répétons l’acte, nous renforçons le fil et y ajoutons un nouveau filament, jusqu’à ce qu’il forme un gros câble et lie irrévocablement nos pensées et nos actions.

Orison Marden

La leçon la plus importante que j’ai apprise dans ce métier est comment dire non. J’ai dit non à beaucoup de tentations, et je suis heureuse de l’avoir fait.

Penelope Cruz

Heureux et libre est celui qui ose dire non !

Peter De Genestet

Heureux et libre est celui qui ose dire non !

Peter De Genestet

Ce que la chenille appelle « catastrophe » se nomme en réalité « papillon ».

Richard Bach

Il n’y a que deux conduites avec la vie : ou on la rêve ou on l’accomplit.

René Char

Vous devez apprendre à vivre avec vos erreurs. Et vous devez être en mesure de dire Non une fois de temps en temps. C’est important dans la vie, et c’est important pour n’importe quelle carrière que vous voulez poursuivre.

Russel Crowe

Ce n’est pas parce que c’est difficile que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas que c’est difficile.

Sénèque

Votre temps est limité, alors ne le gaspillez pas en vivant la vie de quelqu’un d’autre. Ne soyez pas piégés par les idées toutes faites -les dogmes- ce qui revient à vivre selon le résultat de la pensée d’autrui. Ne laissez pas le bruit de l’opinion des autres étouffer votre voix intérieure. Et, le plus important de tout, ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. Eux savent déjà ce que vous voulez vraiment devenir. Tout le reste est secondaire.

Steve Jobs

Au judo, on apprend à chuter pour mieux se relever

Thierry Marx

L’art du leadership est de dire non, pas de dire oui. C’est très facile de dire oui.

Tony Blair

L’occasion est au bord du chemin ; hâtez-vous, elle va filer

Vladimir Jankélévitch

Tout le monde savait que c’était impossible à faire. Puis un jour quelqu’un est arrivé qui ne le savait pas. Et il l’a fait.

Winston Churchill

La vie, ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre à danser sous la pluie.

Sénèque

On ne peut donner que deux choses à ses enfants : des racines et des ailes

Proverbe juif

Dans la vie on ne fait pas ce que l’on veut mais on est responsable de ce que l’on est.

Jean-Paul Sartre

L’important n’est pas que les autres sachent et même reconnaissent que je vaux mieux: l’important est que moi je le sache.

Jean Giono

Pour avoir du talent, il faut être convaincu qu’on en possède.

Gustave Flaubert

Le bonheur supprime la vieillesse

Franz Kafka

Heureux soient les fêlés car ils laisseront passer la lumière

Jacques Audiard

L’existence n’admet pas de brouillon et se vit directement au propre

Alexandre Lacroix

On est constamment un génie

Jack Kerouac

-J’ai le sentiment que toute ma vie dépend de cet instant précis. Si je le rate… -Moi je pense le contraire. Si on rate ce moment, on essaie celui d’après, et si on échoue, on recommence l’instant suivant. On a toute la vie pour réussir.

Boris Vian dans l’Ecume des Jours

Quelle est la marque de la liberté réalisée ? Ne plus rougir de soi.

Nietzsche

Regarde de tous tes yeux, regarde !

Jules Verne dans Michel Strogoff

Avez-vous remarqué comme on est bête quand on est beaucoup.

George Sand

Je connais mes limites. C’est pourquoi je vais au-delà.

Serge Gainsbourg

Pour créer son propre paradis, il faut puiser dans son enfer personnel.

Frida Kahlo

Vous ne pouvez pas attendre de la vie d’avoir un sens, vous devez lui en donner un.

Romain Gary

Puisqu’on ne peut changer la direction du vent, il faut apprendre à orienter les voiles.

James Dean

Ce sont les Grecs qui nous ont légué le plus beau mot de notre langue : le mot  » enthousiasme ».

Louis Pasteur

Je suis toujours en train de m’étonner moi-même. C’est la seule chose qui rende la vie digne d’être vécue.

Oscar Wilde

On peut toujours plus que ce que l’on croit pouvoir.

Joseph Kessel

Le refus de se résigner peut stopper la machine grinçante du malheur et la lancer sur d’autres rails.

Gisèle Halimi

La vie doit être un cocktail de raison et de passion.

Edgar Morin

La mort n’a rien de tragique. Dans cent ans, chacun de nous n’y pensera plus.

Boris Vian

La décision la plus courageuse que vous prenez chaque jour, c’est d’être de bonne humeur

Voltaire

Etre différent n’est ni une bonne ni une mauvaise chose. Cela signifie simplement que vous êtes suffisamment courageux pour être vous-même.

Albert Camus

Ne méprisez la sensibilité de personne ; la sensibilité de chacun, c’est son génie.

Baudelaire

Un savoir médiocre est une chose dangereuse, il faut boire à pleine coupe à la fontaine d’Hypocrène, ou n’y point boire du tout ; de petits coups brouillent le cerveau ; la raison ne revient qu’en buvant à grands traits.

Alexander Pope

Tu comprends, sur cette Terre, il y a quelque chose d’effroyable, c’est que tout le monde a ses raisons.

Jean Renoir dans la Règle du Jeu

Le sommeil a les avantages de la mort sans son petit inconvénient.

Albert Cohen

Si vous voulez que la vie vous sourit, apportez-lui d’abord votre bonne humeur.

Spinoza

Écouter la forêt qui pousse plutôt que l’arbre qui tombe.

Hegel

Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène ?

Albert Camus

Il n’est pas possible de vivre heureux sans être sage, honnête, et juste. Ni d’être sage, honnête, et juste sans être heureux.

Epicure

Fleuris là où tu es planté.

Saint-François de Salle

Il n’y a pas de traversée du désert, il n’y a qu’une marche vers l’oasis.

Jean Bies

Il n’y a point de chemin vers le bonheur, le bonheur est le chemin.

Lao Tseu

La vie heureuse est celle qui est en accord avec sa propre nature.

Sénèque

Bénissons nos désirs insatisfaits, chérissons nos rêves inaccessibles, l’envie nous maintient en vie.

Frédéric Beigbeder

Chaque homme doit inventer son chemin.

Sartre

La joie est en tout. Il faut savoir l’extraire.

Confucius

Rien n’a de valeur sans difficulté.

Ovide

C’est grâce aux risques que l’on prend que la vie devient vivable.

Charlotte Rampling

Etre adulte, c’est avoir pardonné à ses parents.

Goethe

Pour vivre gaiement, chemine avec deux sacs, l’un pour donner, l’autre pour recevoir.

Goethe

Et toujours dès que je me montrais prête à les affronter, les épreuves se sont transformées en beauté.

Etty Hillesum

Je ne pense jamais au futur. Il vient bien assez tôt.

Einstein

Le talent, ça n’existe pas. Le talent, c’est d’avoir envie de faire quelque chose.

Jacques Brel

Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est très difficile de le trouver en nous, il est impossible de le trouver ailleurs.

Bouddha

Lorsqu’il y a dix pas à faire vers quelqu’un, neuf n’est que la moitié du chemin.

Barbey d’Aurevilly

Il est poli d’être gai.

Voltaire

Tout le monde est un génie, mais si vous jugez un poisson sur ses capacités à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide.

Einstein

Que serait le bonheur qui ne se mesurerait pas à l’incommensurable tristesse de ce qui est ?

Theodor Adorno

Nous avons tous été enfants avant que d’être hommes.

Michel Foucault

Le plus grand fardeau qu’un enfant puisse porter est la vie non vécue de ses parents.

CG Jung

On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux.

Saint-Exupéry dans Le Petit Prince

L’échec est le fondement de la réussite.

Lao Tseu

Les opportunités apparaissent le plus souvent sous la forme de malchance ou d’échec temporaire.

Napoleon Hill

L’échec est le succès si l’on en tire des leçons.

Malcolm Forbes

Pour rêver, il ne faut pas fermer les yeux, il faut lire.

Michel Foucault

Il faut trembler pour grandir.

René Char

Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la vérité restera dehors.

Rabindranàth Tagore

L’enfant est le père de l’homme.

William Wordsworth

L’enfant pose les vraies questions.

Sartre

Ce qu’on sait, savoir qu’on le sait ; ce qu’on ne sait pas, savoir qu’on ne le sait pas : c’est savoir véritablement.

Confucius

Penser, c’est dire non.

Alain

On ne saurait entrer deux fois dans le même fleuve

Héraclite

Pendant qu’on la diffère, la vie passe en courant.

Sénèque

Si on ne voulait qu’être heureux, cela serait bientôt fait. Mais on veut être plus heureux que les autres, et cela est presque toujours difficile parce que nous croyons les autres plus heureux qu’ils ne sont.

Montesquieu

Tout bien non partagé perd sa douceur

Sénèque

Qui donne ne doit jamais s’en souvenir, qui reçoit ne doit jamais oublier.

Proverbe hébreu

Les montagnes toujours ont fait la guerre aux plaines.

Victor Hugo

La haine est la fille de la crainte.

Tertullien

En vérité, ce n’est jamais par l’hostilité que l’hostilité est apaisée.

Bouddha

Comment peut-on se connaître soi-même ? Jamais par la méditation, mais bien par l’action.

Goethe

Il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d’un pas ferme.

Attribuée à Saint-Augustin

Il faut toute la vie pour apprendre à vivre.

Sénèque

Ne vous souciez pas d’être remarqué ; cherchez plutôt à faire quelque chose de remarquable.

Confucius

Plie toi en deux, tu resteras entier.

Lao Tseu

La nature n’est ni morale, ni immorale, elle est, radieusement, glorieusement, amorale.

Théodore Monod

Qui s’accommode de sa pauvreté est riche.

Sénèque

Il ne dépend pas de toi d’être riche, mais il dépend de toi d’être heureux.

Epictète

La richesse ressemble à l’eau de mer : plus on en boit et plus on a soif.

Arthur Schopenhauer

La richesse ne consiste pas dans la possession de trésors, mais dans l’usage qu’on en sait faire.

Napoléon

Ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir… En d’autres termes, plus ça rate et plus on a de chances que ça marche !

Les Shadoks

On peut tout fuir sauf sa conscience.

Stefan Zweig

Un homme libre ne doit rien apprendre en esclave.

Platon

L’esprit, c’est comme un parachute : s’il reste fermé, on s’écrase.

Frank Zappa

Le bonheur, c’est de continuer à désirer ce que l’on possède.

Saint-Augustin

Les gens qu’on interroge, pourvu qu’on les interroge bien, trouvent d’eux-mêmes les bonnes réponses.

Socrate

Une excellente manière de te défendre d’eux, c’est d’éviter de leur ressembler.

Marc-Aurèle

Blesser un adversaire, c’est se blesser soi-même.

Morihei Ueshiba

Quand on a rien, on fait avec. Ou plutôt sans.

Le Chat, de Geluck

On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille. On ne se choisit pas soi-même.

Le Chat, de Geluck

Nous appellerons émotion une chute brusque de la conscience dans le magique.

Sartre

Le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin.

Voltaire

La vie non vécue est une maladie dont on peut mourir.

Jung

Apprendre ? Certainement, mais vivre d’abord, et apprendre par la vie, dans la vie.

John Dewey

L’homme devrait mettre autant d’ardeur à simplifier sa vie qu’il en met à la compliquer.

Henri Bergson

Connaître les autres, c’est sagesse. Se connaître soi-même, c’est sagesse supérieure. – Imposer sa volonté aux autres, c’est force. Se l’imposer à soi-même, c’est force supérieure.

Lao-Tseu

Les pattes du canard sont courtes, il est vrai ; mais les allonger ne lui apporterait rien.

Tchouang-Tseu

Le savoir est l’opinion vraie justifiée.

Platon

Le bien que l’on fait parfume l’âme.

Victor Hugo

Eclairez les dupes, il n’y aura plus de fripons.

Robert Houdin

Mon indécision m’a une nouvelle fois coûté le bonheur et je vais maintenant en subir péniblement les conséquences.

Chidi dans The Good Place

L’homme ne peut découvrir de nouveaux océans tant qu’il n’a pas le courage de perdre de vue la côte.

André Gide

On a deux vies. La deuxième commence quand on réalise qu’on en a qu’une.

Confucius

Accepte ce qui est, laisse aller ce qui était, aie confiance en ce qui sera

Bouddha

Sourire mobilise 15 muscles, mais faire la gueule en sollicite 40. Reposez-vous : Souriez !

Christophe André

Il n’y a pas de honte à préférer le bonheur !

Albert Camus

Quand la vie te donne une centaine de raisons de pleurer, montre-lui que tu en as mille de sourire.

Johnny Depp

Se donner du mal pour les petites choses, c’est parvenir aux grandes, avec le temps.

Samuel Beckett

Au milieu de toute difficulté se trouve cachée une opportunité.

Albert Einstein

Le succès, c’est se promener d’échec en échec tout en restant motivé.

Winston Churchill

C’est dur d’échouer, mais c’est pire de n’avoir jamais essayé de réussir.

Theodore Roosevelt

Le succès dans la vie arrive non pas en jouant les bonnes cartes mais plutôt en étant capable de jouer les mauvaises cartes de la bonne manière.

Joshua Dool

La vie, c’est 10 % ce que vous en faites et 90 % votre façon de la prendre.

Irving Berlin

Ce n’est pas le vent qui décide de votre destination, c’est l’orientation que vous donnez à votre voile. Le vent est pareil pour tous.

Jim Rohn

Si on veut obtenir quelque chose que l’on n’a jamais eu, il faut tenter quelque chose que l’on n’a jamais fait.

Périclès

La seule façon de faire du bon travail est d’aimer ce que vous faites. Si vous n’avez pas encore trouvé, continuez à chercher.

Steve Jobs

Le courage est comme un muscle. On le renforce en le travaillant.

Ruth Gordon

Plutôt que de penser à ce que tu n’as pas, pense à ce que tu peux faire avec ce que tu as.

Ernest Hemingway

Avoir un but trace la vie.

Lao Tseu

Appréciez d’échouer, et apprenez de l’échec, car on n’apprend rien de ses succès.

James Dyson

Le monde a progressé uniquement grâce aux choses impossibles qui ont été réalisées.

André Maurois

L’échec est l’épice qui donne sa valeur à la réussite.

Truman Capote

Etre heureux ne signifie pas que tout est parfait. Cela signifie que vous avez décidé de regarder au-delà des imperfections.

Aristote

Une réalité sordide n’est-elle pas préférable à la plus belle des illusions ?

Philip K. Dick

Il n’y a pas de réussite facile ni d’échec définitif.

Marcel Proust

Dans vingt ans vous serez plus déçu des choses que vous n’avez pas faites que celles que vous aurez faites.

Mark Twain

Je préfère vivre en optimiste et me tromper plutôt que vivre en pessimiste pour la seule satisfaction d’avoir eu raison.

Milan Kundera

Tous les hommes pensent que le bonheur se trouve au sommet de la montagne alors qu’il réside dans la façon de la gravir.

Confucius

En suivant le chemin qui s’appelle Plus tard nous arriverons sur la place qui s’appelle Jamais.

Sénèque

Quand tout semble être contre vous, souvenez-vous que les avions décollent face au vent et pas avec lui.

Henry Ford

Celui qui ne sait pas se contenter de peu ne sera jamais content de rien.

Epicure

Je hais la prudence, elle ne vous amène à rien.

Jacques Brel

La vraie vie est rencontre.

Martin Buber

Il existe un remède en quatre points, le tetrapharmakos, pour se guérir des troubles du corps et de l’âme, et atteindre le bonheur: se souvenir que les dieux ne se soucient pas de nous; que la mort n’est rien pour nous; que le bien est facile à se procurer; que la douleur est facile à supporter.

Epicure