9 exercices pour lutter contre le stress

La question du stress est l’une des plus souvent abordées dans les coachings. 
On le sait, le stress peut être positif : en donnant un petit coup de boost à notre organisme, il nous aide à mener une tâche à bien ou à gérer un nouvel environnement. Bien dosé, il augmente même notre efficacité et notre productivité. 
Oui, mais parfois, on ne trouve pas la juste dose, et alors, il peut aller jusqu’à nous paralyser. Alors, comment réagir ? 

En cas d’attaque de stress ou avant une situation qui peut s’avérer stressante (examen, prise de parole, grosse réunion, …), on peut avoir recours à plusieurs méthodes : visualisation, acupression, méditation ou ces 6 exercices de respiration que je vous présente aujourd’hui. 
Comme tout exercice, plus on le pratique, plus on le maîtrise et plus il est efficace. A intégrer dans sa routine quotidienne quand on peut !

Exercices de visualisation 

Avant un situation stressante :
Assis confortablement, prenez une grande inspiration par le nez puis expirez par la bouche
Imaginez la situation stressante : observez les images, les dialogues, l’ambiance, les obstacles, les conséquences de l’échec  et laissez venir les émotions sans jugement. 
Imaginez maintenant la situation dans l’idéal (le déroulement de la situation, votre comportement, les conséquences positives) et laissez venir les émotions. Vous voyez maintenant la situation redoutée dans une bulle
et vous la voyez diminuer jusqu’à ce qu’elle disparaisse totalement. 
Puis vous voyez apparaître dans une petite bulle la situation idéale et vous la voyez grandir  jusqu’à ce vous vous retrouviez dans la scène.

Pendant une attaque de stress
Fermez les yeux, prenez une grande inspiration et expirez lentement. Imaginez un endroit refuge, un endroit où vous êtes bien, apaisé. Entendez les sons qui y règnent, sentez les odeurs qui s’y déploient, touchez les objets qui vous y entourent, …  Et laissez vous gagner par la sérénité de l’endroit tout en maintenant des respirations profondes. 

Exercices de respiration 

  • La respiration abdominale

La respiration abdominale permet de respirer à partir du diaphragme plutôt que du thorax et d’insuffler une plus grande quantité d’oxygène dans les poumons. A pratiquer partout ! 
Asseyez-vous dans une position confortable ou allongez-vous sur le dos. Fermez les yeux.  
Posez une main sur votre poitrine et l’autre sur votre ventre.
Inspirez profondément et lentement par le nez en gonflant votre abdomen en comptant jusqu’à 10. La main sur votre ventre se soulève alors que celle sur la poitrine bouge à peine. 
Bloquez votre respiration en comptant jusqu’à 5.
Puis expirez lentement par la bouche tout en rentrant l’abdomen. Faites sortir le maximum d’air de vos poumons.

A renouveler entre 5 et 10 min,  idéalement quotidiennement.

  • La cohérence cardiaque 

L’application RespiRelax est très pratique et paramétrable pour s’adapter à vous.
Assis ou debout, inspirez par le nez en comptant jusqu’à 6, bloquez votre respiration en comptant jusqu’à 3 et expirez par la bouche en comptant jusqu’à 8).  Renouvelez 5 fois.

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  • Le chat

Asseyez-vous les pieds bien à plat, mains sur les genoux, dos droit.
Inspirez profondément par le nez en levant la tête et en creusant le dos.
Bloquez la respiration en étirant bien la tête vers le haut 
Et soufflez par la bouche en courbant le dos

  • La vague de chaleur 

Asseyez-vous, le dos droit, les mains posées sur les genoux paume vers le plafond, yeux fermés, pieds bien à plat au sol. 
Imaginez sous vos pieds un fil d’énergie rouge vif, très puissant, très lumineux et très chaud. Ce fil rouge et chaud pénètre votre corps par  vos pieds,  sans douleur, remonte par les chevilles, les mollets, les cuisses, pour s’enrouler autour de vos hanches et diffuser sa chaleur dans tout votre ventre. Il continue sa progression en remontant votre dos et en chauffant chaque vertèbre jusqu’à votre nuque. La vague de chaleur gagne votre cou, puis toute votre tête. vous vous sentez bien. 
Restez un moment ainsi, puis ouvrez lentement les yeux et tapez 5 fois sur votre poitrine avec le bout de vos doigts. 

  • Adieu soucis
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Inspirez doucement par le nez et expirez le plus longtemps possible en contractant votre abdomen. En expirant, visualisez les situations ou les personnes stressantes qui s’évacuent de  votre corps grâce à votre souffle.  A chaque expiration, vous vous sentez plus léger et plus serein.

  • Ouvrez-vous 

Cet exercice vise à ouvrir la zone poitrine-clavicules, souvent contractée

Debout, pieds écartés à la largeur de vos épaules, montez vos bras vers le plafond en inspirant sur 4 temps, puis abaissez-les vers l’arrière en faisant un cercle et expirant sur 4 temps.
Faites la même chose de l’arrière vers l’avant.
Répétez l’exercice 10 fois.

Acupression des mains

Le massage des mains est discret et facile à effectuer partout.
Appliquez de la crème pour les mains ou massez vous simplement. Commencez par le dos de la main en effectuant de petits cercles et agrandissez-les petit à petit. Puis passez à la paume en procédant de la même manière.
Prenez ensuite les bouts de chacun de vos doigts en effectuant de petites pressions douces, de l’intérieur vers l’extérieur de chaque doigt, pendant une vingtaine de secondes. Vous relancerez ainsi  la circulation sanguine.

illustrations : cocomaterial

Témoignages

Ce qu’en disent mes coachés

Grâce à nos 12 séances ensemble, Camille a su m’aider à reprendre confiance en moi. A travers divers exercices et questions, j’ai pu trouver ce qui comptait réellement pour moi et ce qui me motivait personnellement dans le but d’atteindre mes objectifs professionnels et personnels. 
Un bon sens de l’écoute et une personnalité bienveillante sont des qualités importantes à mes yeux que Camille possède. 
Très belle rencontre !

Mathilde, 25 ans

Ce qu’en disent les enseignants

Camille a mené ces ateliers de main de maître !

Camille, CP

Merci pour votre investissement, votre bonne humeur à toute épreuve et votre patience.

Caroline, 6e

Camille a su s’adapter à mes demandes et aux demandes de la classe, tout en variant les supports. Ludique et profond !

Florence, CE2

Les ateliers philo m’ont permis de découvrir mes élèves sous un autre angle.

Laurence, CP

Les séances ont été un bel espace d’expression pour les enfants. Et j’ai pu voir les progrès dans leur manière d’exprimer leur pensée.

Sofia, Cm1

Beaucoup de mes élèves ont des avis très tranchés sur les sujets. J’ai apprécié de les voir poussés dans leurs retranchements, et comprendre que la pensée peut être plus complexe, plus fine.

Claire, CM2

Merci pour le travail de qualité effectué avec ma classe.

Audrey, CE1-CM2

Ce qu’en disent les enfants

C’est déjà fini ? Oh nooooooon

Yoven, 13 ans

De quoi on va parler aujourd’hui ?

Maya, 7 ans

Je peux revenir dans ton atelier ce trimestre ?

Mohamed, 8 ans

Ces 5 signes qui montrent que votre ado vous aime

Qui n’a jamais dit à son enfant : “je ne suis pas ta copine” ou “ce n’est pas mon rôle d’être gentil” quand, après un refus ou une punition, il prononçait le fatidique “t’es méchant”. 
Alors, c’est vrai, ce n’est pas notre rôle à nous parents d’être toujours gentils ou amicaux, notre rôle, c’est de bien les élever, de les préparer à leur vie d’adulte avec tout ce qu’elle peut parfois comporter de frustrations. N’empêche que… En ce monde, un peu d’amour ne nuit pas et ça nous ferait chaud au cœur de savoir, ou juste de penser même, qu’ils nous aiment (un petit peu). 
Mais voilà, ce n’est pas toujours facile de décrypter le comportement de l’ado, cet animal enfermé dans sa chambre et qui s’exprime par grognement (ou onomatopée, mais ça, c’est quand il a vraiment envie de communiquer. )

Voici donc 5 signes que vous pouvez interpréter sans aucun doute comme des déclarations d’amour de la part de vos grandes gigues. 

  • il vous envoie des messages sans avoir obligatoirement à vous demander quelque chose et sans que vous l’ayez sollicité.
    Ce que vous devez comprendre: quelle que soit la forme du message (SMS, WhatsApp, ou même meme instagram), il vous tient au courant de sa vie, donc il se soucie de vous. Vous aurez peut-être à décrypter, mais réjouissez vous !
    Faut pas pousser : vous pourriez préférer un appel à ces communications écrites. MAIS en fait utilisé quasi exclusivement pour les urgences, l’appel est plutôt à craindre car porteur potentiellement de mauvaises nouvelles. 

  • il ramène des amis à la maison
    Ce que vous devez comprendre: il n’a pas honte de vous, c’est donc un très beau compliment !
    Faut pas pousser : ne vous attendez pas pour autant à ce que lui et ses amis passent la soirée à discuter avec vous ou à regarder un film.

  • il vous demande votre avis
    Ce que vous devez comprendre : il n’est pas loin de penser que vous avez quelque chose de pertinent à dire, voire que vous pourriez avoir raison sur un sujet.
    Faut pas pousser : ne vous attendez pas non plus à ce qu’il verbalise clairement que vous avez raison, ou qu’il suive le dit avis. 

  • il reconnaît parfois que vous avez bien fait les choses : “heureusement que vous m’avez fait faire ça, heureusement que vous m’avez dit ça, …”
    Ce que vous devez comprendre : on commence ici à évoquer du signe lourd, sur lequel il est difficile de se tromper. L’enfant reconnaît en toute simplicité que vous n’avez pas complètement foiré son éducation.
    Faut pas pousser : ce type d’aveu n’est en général pas prémédité (s’il est sincère). Ne vous attendez pas à ce qu’il soit répété trop souvent ou devant témoins. 

  • il vous fait un câlin (ou du moins un rapide check, voire il vous dit au revoir en partant)
    Ce que vous devez comprendre : non seulement il a remarqué votre présence, mais il a conscientisé que vous alliez être séparés. De là à penser que vous allez lui manquer, il n’y a qu’un pas.
    Faut pas pousser : laissez venir ce câlin de lui-même, ne le réclamez pas, il n’aura pas la même saveur. Sauf si vraiment vous allez être séparé longtemps ou que vous en avez envie. Zut alors, vous êtes ses parents après tout ! 

Et vous, vous voyez d’autres signes ostensibles d’amour ? Partagez les en commentaire.

La carte d’identité de l’intelligence : comment es-tu intelligent ?

Selon Howard Gardner, psychologue américain, il n’existe pas qu’une seule forme d’intelligence, mesurable par le QI, mais bien 8 : 

  • l’intelligence verbale/linguistique chez celui qui aime jouer avec les mots)
  • l’intelligence logico-mathématique chez celui qui aime expérimenter d’une manière logique.
  • l’intelligence visuo-spatiale chez celui qui aime arranger l’espace
  • l’intelligence naturaliste, chez celui qui aime observer, regrouper et classer.
  • l’intelligence musicale / rythmique, chez celui qui ressent les émotions exprimées par la musique.
  • l’intelligence corporelle/kinesthésique, chez celui qui aime toucher et manipuler les objets
  • l’intelligence intra-personnelle, chez celui qui, connaît ses forces et ses faiblesses
  • l’intelligence interpersonnelle, chez celui qui aime travailler avec les autres et les motive, joue au médiateur

Nous possédons tous ces 8 intelligences, mais elles s’agencent de manière différente selon chacun de nous. C’est la Carte d’Identité de l’Intelligence. En illustration de l’article vous verrez les cartes d’identité de l’intelligence de mes enfants, et la mienne. Voyez comme nous sommes différents ! 

Quel est l’intérêt de déterminer sa CII ? 

Déjà de se rendre compte qu’on est tous intelligents ! Et de savoir comment on l’est.
Et puis, savoir quelles intelligences sont à l’œuvre chez nous nous permet de mieux nous connaître, notamment en situation d’apprentissage et donc de déterminer une situation d’apprentissage adaptée. Si mon intelligence corporelle prime sur la visuo-spatiale, alors peut-être devrais-je davantage apprendre en marchant qu’en étant bien tranquille à mon bureau à faire des cartes mentales. 

Comment déterminer sa CII ? 

C’est un des exercices que je réalise avec les personnes que je coache. Un questionnaire à remplir et hop, je vous concocte une jolie petite carte comme celle-là à afficher au-dessus de son lit ou en fond d’écran.
Et bien sûr, nous passons ensuite en revue les différentes stratégies les plus adaptées à votre cas pour rendre votre apprentissage efficace.

Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson sur ses capacités à grimper à un arbre, il passera toute sa vie à croire qu’il est stupide

Albert Einstein

Connais-toi toi-même : s’interroger sur soi pour mieux apprendre

L’imagerie cérébrale montre que nous possédons tous des circuits d’apprentissage très semblables. Pourtant avez-vous peut-être l’impression d’être plus sensible à certains canaux que d’autres ?  

Chacun ses goûts 

Première étape : apprenez à identifier vos goûts, ou ceux de vos enfants. Si on prend le domaine de la lecture, est-il fan de romans ou de documentaires, de BD ou de mangas ? Faites le lire ce qu’il aime : ce qui compte c’est qu’il lise,  pour apprendre à déchiffrer de manière fluide, pour apprendre du vocabulaire, la syntaxe, les règles de la narration et surtout… le pouvoir de l’imagination.
Autre exemple, il adore l’histoire mais se pense nul en maths ? “Dis moi, la guerre de Cent ans, elle a vraiment duré 100 ans ? Calcule ! Et Louis XIV, il est mort à quel âge ? “ Et hop, un bon argument pour la lecture encore : voici un livre pour tout connaître de la mythologie grecque ou de la vie de Jeanne d’Arc. 

Souvenez-vous, on apprend mieux avec les émotions, donc pour développer l’apprentissage dans le plaisir, faites selon vos (ses) goûts et la motivation suivra !  

Chacun son rythme

Identifiez ensuite votre (sa) vitesse d’apprentissage : certains enfants apprennent très vite, d’autres ont besoin de plus de temps. Ne demandez pas la même chose à tous, ou du moins de la même manière, même si le but final, lui, est identique : acquérir les fondamentaux.

Chacun son profil

Déterminez le profil d’apprentissage : quelle est votre attitude  ou l’attitude de l’élève en situation d’apprentissage : est-ce qu’il aime apprendre ? En solitaire ou en groupe ? Faut-il être à côté de lui pour l’encourager ou au contraire le laisser gérer ?
De même, comment apprend-il le mieux : en faisant des schémas, des cartes mentales ? En lisant son cours à haute voix et en se promenant dans la maison ? En faisant une chanson de sa leçon ? 
Enfin, qu’est ce qui le motive ? Savoir concrètement à quoi ça sert ? Avoir une vision globale de qui est enseigné et savoir où il en est ? Avoir un grand niveau de précision sur un sujet ou au contraire qu’il soit brossé à grands traits ? 
En ayant conscience de ces informations, on peut s’adapter et s’organiser pour apprendre plus efficacement. 

Ces informations peuvent être déterminées lors d’un coaching scolaire : l’enfant repart alors avec des outils et des astuces pour optimiser sa manière d’apprendre. Idem pour les troubles de l’apprentissage : si le trouble doit être traité par un professionnel de santé, un coach peut lui accompagner le dys pour qu’il fasse avec son trouble, et pas en étant son trouble. 

La confiance, moteur de l’apprentissage

Se connaître permet au final d’avoir confiance en soi. Ce n’est pas que je ne peux pas apprendre, c’est que j’apprends mieux en bougeant ; j’apprends moins vite que lui mais j’apprends quand même ; j’ai besoin de comprendre concrètement à quoi ça sert sinon je retiens moins bien, non je ne suis pas nul, je suis moi
C’est pourquoi les encouragements, la reconnaissance de l’effort et les récompenses, matérielles ou immatérielles, sont importantes : elles contribuent à la confiance et à l’estime de soi, indispensables à un bon apprentissage. Comme le dit Marcel Rufo, “on réussit mieux avec une estime de soi solide qu’avec un QI élevé!”

Connaître les autres, c’est sagesse. Se connaître soi-même, c’est sagesse supérieure.

Lao-Tseu

Learn is fun : apprendre avec les émotions

S’il est un truc que nous apprennent (encore) les neurosciences, c’est qu’information et émotion font souvent bon ménage. Plus une information est chargée en émotions, plus on s’en souvient. Et inversement, pourrait-on dire, pour faciliter la mémorisation, il est recommandé d’associer l’information à quelque chose de connu, et si possible lié à une émotion.

L’école doit être un plaisir

Première étape : l’enfant doit avoir envie de venir en cours, et pas seulement pour voir ses copains ! L’école doit être un lieu où sa curiosité est aiguisée, ses questions nourries, sa réflexion encouragée et  où on sent la passion de la transmission. Learn is fun, voilà ce dont il doit se rendre compte. 
L’école doit aussi être un lieu  où ses circuits de récompense sont activés, “ces modulateurs essentiels de la plasticité cérébrale”, comme les appelle le neuropsychologue Stanislas Dehaene. Il ne s’agit pas de doper les enfants aux bonbons pour les féliciter, mais récompenser chaque effort par un sourire ou un encouragement est déjà un bon début. Voir qu’il progresse, se sentir apprécié est une récompense en soi qu’il ne faut pas négliger. 
On peut aussi jouer sur la surprise occasionnelle pour booster l’attention des élèves : modifier un horaire, un contenu de cours ou une manière d’enseigner. On peut par exemple avoir recours, en fin de chapitre,  à un escape game. C’est un  formidable outil d’apprentissage, impliquant et générateur d’émotions qui permet de réutiliser de manière ludique les connaissances qui viennent d’être dispensées. Outre la surprise et l’amusement, l’escape game est également source de fierté pour l’enfant lorsqu’il arrive à la fin. 

On pourra opposer que ce type d’activité peut générer du stress et la compétition. Je parlerais plutôt d’émulation,  de coopération et d’adrénaline. Car le stress, à un niveau raisonnable et ponctuel, n’est pas négatif, il peut être motivant. On parle alors de stress ajusté. En revanche, halte au stress prolongé et/ou intense.

Bannir le stress 

En état de stress intense, le cerveau reptilien prend le dessus et  inhibe les autres cerveaux (le cortex et le limbique). Il finit par  bloquer les capacités d’apprentissage. 
Le stress est donc à bannir, avec l’anxiété, notamment en mathématiques, une matière qui a souvent mauvaise presse auprès des élèves, car jugée trop compliquée. 

En somme, oui à la joie, aux ruptures de rythme, à la fierté de progresser pour un apprentissage plus efficace ! 

Former les hommes ce n’est pas remplir un vase, c’est allumer un feu. Aristophane

Cent fois la leçon tu répéteras, sans un nuage : apprendre en répétant

Apprendre, c’est bien. Réviser c’est encore mieux. En effet, rien de tel pour fixer un apprentissage durablement que de le répéter encore et encore. Pour que ce qu’on a appris devienne automatique, inconscient, réflexe. “Marignan ? => 1515 !”
Là encore, il y a une technique, et pour bien la comprendre, intéressons-nous au fonctionnement de la mémoire. 

La mémoire ? Les mémoires !

Il y a 3 types de mémoires : la mémoire sensorielle qui, comme son nom l’indique, enregistre avec les sens, mais a une faible capacité de stockage et une durée très courte (de l’ordre d’1 seconde) ; la mémoire à court terme, aussi appelée mémoire de travail, qui a elle aussi un faible stockage et une durée limitée (20 secondes, cette fois) mais qui peut gérer jusqu’à 7 informations en même temps, et qu’on pourrait comparer à la RAM de votre ordinateur ; la mémoire à long terme, au stockage et à la durée illimitée qui enregistre les informations chargées d’émotions. C’est cette dernière qui est sollicitée en phase d’apprentissage. 
Cette mémoire à long terme se divise elle aussi en 3 types : la mémoire épisodique (celle des souvenirs, du vécu), la mémoire sémantique (celle des connaissances) et la mémoire procédurale (celle des gestes du quotidien). 

Pour accéder au Graal, c’est-à-dire faire voyager l’information jusqu’à la mémoire sémantique, il suffit de lui faire emprunter 4 portes. 

  1. Décider qu’on veut mémoriser une information (ben oui, ça paraît évident, mais ça va mieux en le disant)

  2. Répéter l’information, comme un chemin qu’on emprunterait plusieurs fois et qui se creuse au fil du temps pour devenir un sentier. On répète l’information à intervalles réguliers mais de plus en plus espacés, au fur et à mesure que l’information s’ancre dans la mémoire à long terme.

    Pour ceux qui utilisent l’application DuoLingo, c’est un dispositif qu’ils doivent reconnaître, dont ils ont pu mesurer l’efficacité et qu’ils comprennent désormais. En effet, l’application incite à travailler 15 minutes par jour (pas forcément plus), mais tous les jours. Les leçons se suivent et se ressemblent beaucoup, tout en ajoutant de nouveaux éléments. Et régulièrement, au fil de notre progression, la petite chouette nous propose un vieil exercice pour réactiver l’information dans notre mémoire, et l’y graver encore un peu plus. 

  3. Associer l’information à des éléments connus. Ce sont les fameux moyens mnémotechniques : on associe l’information à une comptine, une date historique à un jour important de sa vie, on se raconte une histoire pour se souvenir d’un élément précis ou d’une suite d’éléments. Deux exemples : Ma Vielle Tante Marie Joue Sur Un Nouveau Piano pour se souvenir de l’ordre des planètes du système solaire (Mercure Venus Terre Mars Jupiter Saturne Uranus Neptune Pluton) ; et plus personnel : pour me souvenir du kanji Neko en japonais, qui désigne le chat, j’associe l’idéogramme à un petit félin qui grimperait sur un arbre. 

    En somme, tout n’est que recyclage. Car ne croyez pas que le bébé est vierge de tout savoir. Dès la naissance, il a des compétences, “des modèles cérébraux” comme dit Stanislas Dehaene que “l’éducation recycle” dans les diverses disciplines abordées en grandissant. Et il ne faut pas hésiter à s’appuyer sur les intuitions précoces des enfants pour faire se connecter les nouvelles connaissances à celles déjà acquises. Faites des ponts pour aider vos enfants  : “tu te souviens quand tu as appris ça ? Et bien, là ça y ressemble de ce point de vue, mais diffère peut-être de celui-là” (et hop, révision, explication, distinction, comparaison). 
  1. Utiliser l’information acquise. Même si une leçon a bien été apprise , en respectant la procédure, l’utiliser va permettre de la réactiver, de l’ancrer dans le concret et de vérifier si elle est bien comprise. Donc faites faire  des exercices à votre enfant pour qu’il la mette en application, demandez lui de vous l’expliquer avec ses propres mots (c’est le baptême du feu : difficile mais hyper efficace pour vérifier si la leçon est sue et comprise) et expliquez lui  que le contrôle sert aussi à ça, à restituer l’information. 

Une fois ces 4 portes passées, l’information pourra accéder au  carré VIP des leçons dans votre cerveau, le salon très couru “Mémoire à long terme”.  Et la beauté de la chose, c’est que ce n’est pas une offre limitée dans le temps ! 

Nous sommes ce que nous faisons de manière répétitive, l’excellence n’est donc pas un acte mais une habitude

Aristote 

Offrez vous la plus belle des attentions : apprendre en se concentrant

Attention : cri poussé pour alerter autrui d’un danger imminent ; capacité à se focaliser volontairement sur quelque chose ; marque d’intérêt ou d’affection envers quelqu’un. Ces trois définitions ont comme point commun de désigner la concentration sur un objet. 

L’attention, c’est l’élément indispensable à tout apprentissage. Et pour qui a été dans une classe ces dernières années, ou discuté avec un enseignant, on a l’impression que c’est une denrée qui se fait de plus en plus rare (je ne parle pas ici du cas spécifique des TDA/H, pour qui le défaut d’attention est un trouble sur lequel il est toujours bénéfique de travailler avec des professionnels ). Pourtant, sans attention, pas de concentration (c’est-à-dire la capacité à se consacrer à une tâche en faisant abstraction de son environnement). En outre,  il sera très difficile pour quiconque de mémoriser des informations. En effet, l’attention et la prise de conscience permettent d’amplifier les informations partagées et, donc, de faciliter la mémorisation. 
Dès lors, avant d’entamer une leçon, mieux vaut s’assurer qu’on a capté l’attention des élèves pour leur offrir les moyens de se concentrer. 

Comment développer l’attention ?

Avant tout, l’attention, ça se montre. Et oui, comme pour beaucoup de choses, on commence par montrer l’exemple. Donc, exit le smartphone à table, le double écran quand on regarde un film en famille, ou l’interruption de la conversation dès que vous entendez une notification.

L’attention, ça s’explique aussi. Dès l’âge de 2 ans, votre enfant est capable de comprendre que l’attention, c’est important et ça peut rapporter gros. Ainsi, vous êtes en train de lui lire une histoire, et il se met à faire autre chose : interrompez l’histoire ; il se reconcentre sur vous, l’histoire redémarre.  Vous n’avez pas besoin de lui reprocher son manque d’attention, juste de lui expliquer que comme il ne semblait plus concentré, vous avez préféré suspendre la lecture. Vous pouvez également mimer une saynète avec deux marionnettes :  elles discutent lorsque soudain l’une s’en va sans crier gare. Votre petit trouvera sûrement cette situation étrange. Discutez-en avec lui. 

L’attention, ça s’éduque. Valorisez la dans des situations où être attentif apporte un résultat positif, au cours d’un jeu par exemple (comme une partie de Memory, pour les plus jeunes, ou un jeu de rôle ou de poker pour les plus grands). Montrez à vos enfants quel plaisir et quelle satisfaction ils peuvent tirer d’une situation où ils auront été attentifs : gagner à un jeu donc, mais aussi une leçon plus vite apprise s’ils ont été attentifs en cours.

Vous pouvez également pratiquer avec vos enfants ou vos élèves la méditation (autrement appelée… pratique de l’attention), elle se développe de plus en plus, y compris à l’école.  C’est une excellente manière d’apprendre à se concentrer sur l’instant présent et sur soi. Une bonne entrée en matière peut se faire avec Calme et attentif comme une grenouille ou avec l’application Petit Bambou .

Comment maintenir l’attention ? 

Déterminez des objectifs clairs et précis, et tenez-vous y (ça marche aussi pour les adultes). Les élèves apprennent mieux lorsqu’on leur explique clairement le but et la raison de l’apprentissage. Et si vous pouvez y trouver des applications concrètes dans leur vie de tous les jours, c’est la cerise sur le gâteau ! De même, expliquez leur précisément ce que vous attendez d’eux. Et si vous parvenez à rester cohérent et à leur montrer que tout ce que vous leur demandez converge vers un même but, c’est gagné. 

Évitez le pilotage automatique : essayez de faire preuve de nouveautés dans les apprentissages, dans la manière d’enseigner ou d’apprendre. Même si les routines sont importantes, dérogez de temps en temps à l’habitude, en changeant l’horaire d’une matière par exemple. 

Autorisez le mouvement régulièrement : les enfants ont besoin de bouger, et pourtant, on leur demande de rester assis (et immobiles parfois) sur une chaise durant de longues périodes. Alors, laissez-les aller prendre un livre lorsque le travail est terminé, ou jeter un papier à la poubelle. Au moment des devoirs, laissez votre enfant réciter sa leçon ou réfléchir à un problème de maths en faisant les 100 pas.

Organisez le temps : pour les devoirs, mettez au point un emploi du temps  en alternant plages de travail et petites pauses bienvenues pour que le corps se mette en mouvement justement. Cela donnera aussi une vision claire de ce qu’il y a à faire et du temps disponible pour le réaliser. Et oui, avoir une deadline rend plus efficace et incite à se concentrer. « Plus je dispose de temps et plus le travail prévu me prendra du temps et occupera la totalité de mon temps disponible », dit la loi de Parkinson.

Bannissez  les distractions : on évite la télé en fond sonore, on met son téléphone sur silencieux et on coupe les notifications, on maintient un espace de travail bien rangé. Stanislas Dehaene va même jusqu’à préconiser de ne pas trop illustrer les manuels, de ne pas  trop décorer les classes ce qui, selon lui, ne ferait « que distraire l’enfant et l’empêcher de se concentrer”.

Comme vous le voyez, on peut apprendre à développer son attention, et on a tout à y gagner : satisfaction, efficacité, estime de soi.  Mais  il faut savoir que la concentration est limitée dans le temps, même si cela grandit avec l’âge : une quinzaine de minutes pour les enfants de 3-4 ans, 20 min vers 5 ans, 30 min vers 7 ans, 40 min à 10 ans. Au-delà de ce temps, il faut changer d’activité ou même faire une petite pause sous peine que l’enfant n’écoute plus, ne se mette à bouger ou à laisser vagabonder son esprit. 
Attention donc à ne pas trop demander à vos enfants sous peine d’être contre-productifs. 

L’attention se travaille comme un muscle et il n’est jamais trop tard pour commencer.
Jeanne Siaud-Facchin 

Do it yourself : l’apprentissage par l’action

S’il est une idée reçue qui a la vie dure, c’est celle de croire qu’il suffit d’être au contact de connaissances pour qu’elles infusent tranquillement dans notre être. Non, l’apprentissage n’est pas comme un bon thé, il ne saurait être passif. 
Tout comme il ne sert à rien d’espérer devenir incollable sur un sujet en écoutant un enregistrement en boucle durant notre sommeil, il est désormais  évident que le cours magistral a ses limites.

Apprendre en agissant

Pour apprendre, l’élève a besoin d’agir. La psychologie cognitive et l’imagerie cérébrale le montrent : le cerveau est un organe toujours en alerte, qui apprend en testant constamment les hypothèses qu’il a échafaudées sur le réel. “L’enfant est un scientifique en herbe”, nous dit le neuropsychologue Stanislas Dehaene dans Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines. Tout comme se tromper lui permet de mettre à jour ses modèles, être actif le conduit à générer de nouvelles hypothèses sur le monde qui l’entoure.
Il faut donc engager l’élève, solliciter son intelligence, aiguiser sa curiosité. C’est aussi comme ça qu’on lui donnera l’envie. 

Dewey et son école pragmatique

John Dewey ne dit pas (et ne fait pas) autre chose, et ce dès la fin du XIXe siècle. Pour ce philosophe et psychologue américain, référence en matière d’éducation nouvelle, l’individu doit avoir une part active dans sa formation et l’apprentissage, avant d’être une accumulation de connaissances, doit être un facteur de progrès global. Dewey est un pragmatique : il crée en 1894, avec sa femme, sa propre école primaire expérimentale, dans laquelle il se concentre sur l’apprentissage par la pratique. On n’y enseigne pas les matières standard, mais les élèves y travaillent sur des projets. Et c’est via ces projets qu’ils abordent les différentes disciplines. On pourrait imaginer que le projet est la construction d’une cabane : il faudrait alors aborder la géométrie et le dessin pour élaborer les plans, les mathématiques et la trigonométrie pour construire une maquette, la biologie pour choisir la bonne essence de bois, etc… 

Engager l’enfant, c’est aussi le replacer dans son environnement et le lui expliquer.

Enrichir l’environnement de l’enfant dès son plus jeune âge

Dès sa première année, le bébé dispose de connaissances sur son environnement : il a le sens des nombres et des probabilités, le goût des langues, la connaissance des personnes. On peut, et on doit donc, dès leur plus jeune âge, les nourrir intellectuellement, en les considérant comme des personnes à part entière : en leur parlant, beaucoup et sérieusement, en n’hésitant pas à utiliser un vocabulaire élaboré, en répondant à leurs questions, même les plus difficiles (via des ateliers philo, par exemple). On peut aussi les initier, jeunes, aux jeux de mots ou de construction, aux casse-têtes, leur raconter des histoires. 
C’est en leur expliquant le monde qui les entoure qu’on permettra à leur cerveau de se développer au mieux, et qu’on préservera le plus longtemps la plasticité juvénile de ce cerveau. 

L’apprentissage, pour être efficace, doit donc développer chez l’enfant autonomie, engagement et curiosité. Mais attention, s’il ne faut pas sous-estimer les enfants, il ne s’agit pas non plus de les laisser seuls. L’adulte se doit de l’accompagner dans cet apprentissage, le guider pour l’aider à progresser. 

Apprendre ? Certainement, mais vivre d’abord, et apprendre par la vie, dans la vie.

John Dewey

Qui dort, apprend : les bénéfices du sommeil dans l’apprentissage

La nuit porte  conseil” 

Vous connaissez certainement cet adage. Peut-être même l’avez-vous vérifié. Mais comment est-ce possible ? Est-il possible d’apprendre en dormant ? 

Je vous arrête tout de suite. On ne parle pas ici de se passer en boucle durant la nuit une lecture de l’Encyclopédie Universalis en espérant que les connaissances infuseront dans le cerveau. Au mieux, ça ne servira à rien. Au pire, cela perturbera votre sommeil.
Mais que se passe-t-il alors pendant qu’on dort ? Et bien, notre cerveau fait le tri. Il consolide ce qui est important et oublie ce qui est inutile. C’est un peu comme lorsque vous défragmentez votre disque dur pour améliorer l’efficacité et la rapidité de votre ordinateur. En retraitant le déroulement de la journée, il réussit également à extraire toutes les informations, même les plus petites, et à les transformer en connaissances abstraites.

Le cerveau rejoue les apprentissages de la journée et amplifie les acquis, ce qui renforce la mémorisation. Il peut donc être une bonne idée de réviser une leçon ou relire un problème juste avant de dormir. 
En outre, les informations accumulées dans la journée profitent de notre période de repos pour effectuer un voyage dans notre cerveau, jusqu’au cortex préfrontal, le siège du recul, du jugement et de la prise de décision. C’est pourquoi la nuit serait propice aux décisions réfléchies.

Prendre soin du sommeil des enfants et des adolescents

Le sommeil est donc un acteur primordial dans l’apprentissage. Chaque période de sommeil, y compris la sieste, apporte un bénéfice supplémentaire. Donc il faut préserver le sommeil des enfants, il leur faut dormir longuement et profondément. Une heure de coucher régulière pour respecter leur rythme chronobiologique. Et le fameux “pas d’écran 1h avant de se coucher” pour éviter de dérégler la sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil.
Cette même hormone qui, chez l’adolescent, est déjà en plein dérèglement (comme toutes les autres d’ailleurs). Ainsi, alors que le pic de sécrétion se produit vers 22-23h chez l’adulte, il est décalé à 1h du matin chez l’ado (leur faire cours à 8h du matin n’est donc pas la meilleure idée que l’Éducation Nationale ait eu). Donc laissez-les dormir le week-end et durant les vacances. Ils n’en seront que plus efficaces.

Je ne peux rien dire sur mon sommeil : chaque fois que je m’apprête à l’observer, je m’endors.

Francis Blanche